De l'attentat contre l'épicerie juive de Sarcelles aux premiers départs en Syrie, la cour d'assises spéciale juge pendant deux mois un dossier emblématique de la vague terroriste.

Le 19 septembre 2012, après la publication de nouvelles caricatures de Mahomet, une grenade est lancée dans l'épicerie Naouri de Sarcelles. Une filière terroriste est identifiée.
Le 19 septembre 2012, après la publication de nouvelles caricatures de Mahomet, une grenade est lancée dans l'épicerie Naouri de Sarcelles. Une filière terroriste est identifiée. © Radio France / Matthieu Boucheron

Le 19 septembre 2012, Charlie Hebdo publie de nouvelles caricatures de Mahomet. Une grenade est lancée dans l'épicerie Naouri de Sarcelles. Heureusement elle se coince dans une file de chariots et ne fait qu'un blessé. L'ADN mène à Jérémie Louis-Sidney, un ancien délinquant devenu fou de Dieu.

Jérémie Louis-Sidney a trouvé ses premiers adeptes à la mosquée de Torcy en Seine-et-Marne. Des jeunes d'une vingtaine d'années, souvent fraîchement convertis à l'islam. Pendant l'été, il les a emmenés en camping-car à Cannes, pour des vacances un peu spéciales. Au programme : prières, baignades, mais aussi collecte d'armes et repérage des sites militaires. Louis-Sidney s'entraîne à fabriquer des explosifs et fait de nouveaux disciples.

Un autre attentat déjoué

A la fin de l'été, les Parisiens rentrent encore plus radicalisés. Mais l'attaque de Sarcelles conduit rapidement à des interpellations. Louis-Sidney est abattu à Strasbourg le 6 octobre après avoir ouvert le feu sur les policiers. Le démantèlement du groupe a sans doute permis de déjouer un nouvel attentat.

Toutefois, trois suspects manquent à l'appel. Trois jeunes Cannois viennent de partir en Syrie. Ils sont parmi les premiers Français à rejoindre les groupes djihadistes (Jabat al-Nosra puis l'État islamique en Irak et au Levant). Sur place, ils sont un temps surnommés "le gang de Cannes". Début 2014, deux sont de retour. Avec pour l'un, des armes et des explosifs. On ne sait pas ce qu'il comptait en faire. Ces revenants-là ont été arrêtés et doivent comparaître ce matin. Parmi les vingt accusés, trois sont en fuite. Un serait encore en Syrie. Un autre, parti plus tard en violation de son contrôle judiciaire, y aurait trouvé la mort.

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