Le procès en appel de Cécile Bourgeon, mère de la petite Fiona, disparue en mai 2013, s'ouvre devant la cour d'assises de la Haute-Loire. Une affaire qui avait heurté l'opinion.

Cécile Bourgeon lors de son procès en 2016
Cécile Bourgeon lors de son procès en 2016 © Maxppp / Rémi Dugne

En novembre 2016, la cour d'assises du Puy de Dôme jugeait la mère et le beau-père de Fiona, cette petite fille de cinq ans dont on n'a jamais retrouvé le corps. En mai 2013, sa mère, Cécile Bourgeon, avait d'abord prétendu que sa fillette avait disparu dans un parc de Clermont-Ferrand, avant de reconnaître que l'enfant était morte. Malgré d'intenses recherches autour du lac d'Aydat, le corps de la fillette n'a jamais été retrouvé, et le couple semble incapable de se souvenir de l'endroit exact où ils l'ont enterrée.

Le verdict avait créé une grande émotion dans l'opinion : le beau-père de Fiona, Berkane Makhlouf, avait été condamné à 20 ans de réclusion pour violences volontaires ayant entrainé la mort. Cécile Bourgeon, elle, avait été acquittée des faits criminels, et condamnée à cinq ans de prison pour plusieurs délits : non-assistance à personne en danger, dissimulation de cadavre, dénonciation mensongère.

Le parquet général ayant fait appel de cette décision, le procès en appel s'ouvre lundi 9 octobre devant la cour d'assises de la Haute Loire, au Puy en Velay. Cet été, Cécile Bourgeon a fait une tentative de suicide en prison. Elle est depuis en unité hospitalière pénitentiaire, mais un médecin a estimé qu’elle était en état de comparaître. C'est à nouveau sur elle que va se focaliser ce second procès et l'attention du public.

Une décision motivée mais incomprise

Car Cécile Bourgeon déclenche la haine. L'année dernière, après le verdict, une petite foule s'était massée devant le palais de justice de Riom, pour hurler des insultes en direction du fourgon qui la ramenait en prison. La cour d'assises avait pourtant motivé sa décision : "un seul élément à charge" pesait sur Cécile Bourgeon, "la parole tardive et variable de son compagnon", l'accusant de violences sur Fiona le soir de sa mort. Insuffisant, pour la cour, qui ne l'avait condamnée que pour des délits, notamment pour avoir caché le corps de sa fille. Cette peine, le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, ne la comprend toujours pas : "Cinq ans, c'est pas assez. Lui en prend 20 avec 15 de sûreté, j'estimais que les deux méritaient la même peine".

Les jurés avaient retenu la thèse de coups portés par le seul beau-père, Berkane Makhlouf, un homme au passé violent. Cécile Bourgeon a-t-elle également frappé Fiona ? Sa personnalité sera de nouveau au cœur du procès en appel. Pour son avocat, Gilles-Jean Portejoie, il faut aller à l'encontre d'une partie de l'opinion publique : "La France entière a pris fait et cause pour elle quand elle a dénoncé l'enlèvement de sa fille. Que la France entière se sente aujourd'hui trahie, je le comprends parfaitement. Mais ce n'est pas parce qu'elle a menti qu'elle est l'auteur des coups qui ont provoqué la mort de son enfant".

Le premier procès avait échoué à lever le mystère sur la mort de Fiona. Et, à défaut de révélations, les parties espèrent au moins que cette nouvelle audience se tiendra dans un climat plus serein.

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