Au procès de la mère et du beau-père de la fillette, on entendait hier le père de Fiona, celui que les accusés avaient, au tout début de l'affaire, accusé de l'avoir enlevée.

Cécile Bourgeon, mère de Fiona, à la Cour d'assises de Riom
Cécile Bourgeon, mère de Fiona, à la Cour d'assises de Riom © Maxppp / Remi Dugne

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Nicolas Chafoulais s’agrippe à la barre. En jean et sweat-shirt gris, il parle d’une voix douce, à peine audible. Avec ses cheveux hérissés de gel, ses lunettes à branches rouges, cet homme de 31 ans fait très jeune. « Je voudrais juste dire que ma fille, elle était pas difficile à vivre. Elle était mignonne, adorable, pas colérique… Elle méritait pas ça. » Il s’interrompt, ému. Quand Fiona disparaît, en mai 2013, il ne l’a pas vue depuis 8 mois, pas plus que sa petite sœur, E. Depuis que Cécile Bourgeon vit avec Berkane Makhlouf.

Était-il un père absent, démissionnaire face à la violence du nouveau compagnon de son ex?

Nicolas Chafoulais veut corriger ce portrait peu flatteur.

« Les petites, c’est moi qui m’en occupais. Cécile, elle travaillait, elle croyait que je me la coulais douce. » Il raconte la routine du matin avec Fiona : le dessin animé Dora, le bol de céréales, « un petit coup de gant de toilette sur le museau, je la coiffais, et hop, on y allait ».

Après une altercation avec le couple, il a préféré ne plus venir chez son ex. Il affirme qu’il allait entamer des démarches pour obtenir un droit de visite. Aujourd’hui, après deux ans de procédures, il a récupéré la garde exclusive de sa fille cadette, elle a aujourd’hui 6 ans. Elle n’est plus suivie par l’Aide sociale à l’enfance, la juge a estimé que ça n’était plus nécessaire.

« Elle va très bien, elle se souvient de rien, heureusement » s’attendrit Nicolas Chafoulais en parlant de celle qu’il appelle « mon petit chat ».

  • Qu’attendez vous de ce procès ? lui demande le président.
  • Je veux la vérité… Savoir où est Fiona. Il se tourne vers le box.

Cécile Bourgeon marmonne. « Je suis désolée... » « Levez-vous ! » ordonne le président. Nicolas Chafoulais soutient son regard, l'interpelle.

  • Tu le sais très bien.
  • Non.
  • Tu le sais.
  • Non.
  • À tes yeux, je vois que tu sais, arrête !

Cécile Bourgeon se rassoit, comme une automate. Deux autres tentatives se heurteront au même mur.

Il y a beaucoup de colère en Nicolas Chafoulais, lui, qu’on a voulu faire passer pour un mauvais père, suspecté, au début de l’enquête, d’avoir enlevé sa fille. Alors aujourd’hui, c’est son moment. Il tient à dire ce qu’il pense de son ex compagne, qu’il appelle « Madame Bourgeon ». Un jour, elle lui a mis un coup de poing dans la figure, au point de lui casser une dent. « Si elle veut, elle sait bien se rebeller. C’est pas le tableau qu’on veut en faire… » Comprendre, celui d’une femme soumise. Mais il ne cherche pas pour autant à accabler son ex compagne : « à part une fessée ou deux, je ne l’ai jamais vue frapper Fiona. Mais elle les a gardées seule, en tout et pour tout, pendant 7 mois.. et ça a été une catastrophe ».

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