"Le ministère de la Justice doit être un ministère d'apaisement. Aujourd'hui, on a une personnalité extrêmement clivante, extrêmement dure", note le secrétaire général adjoint de l'Union des syndicale des magistrats.

Éric Dupond-Moretti est nommé ministre de la Justice dans le gouvernement composé par Jean Castex
Éric Dupond-Moretti est nommé ministre de la Justice dans le gouvernement composé par Jean Castex © AFP / Samuel Boivin / NurPhoto

"Les magistrats ont l'impression d'avoir pris un gros coup sur la tête", juge Florent Boitard, après la nomination d'Éric Dupond-Moretti à la tête du ministère de la Justice. Pour le secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats, le pénaliste est un "avocat anti-magistrat : c'est comme si un artiste anti-policier était nommé ministre de l'Intérieur".

"J'ai l'impression qu'il a pris les magistrats comme ennemi"

"Il est en charge de l'administration du travail des juges : ça pose de gros problèmes", note-t-il encore. "On milite depuis longtemps pour des procureurs indépendants" pour couper le lien avec les politiques, rappelle aussi Florent Boitard. 

"Une personnalité extrêmement clivante"

Éric Dupond-Moretti, "veut supprimer l'école de la magistrature, estime que les procureurs ne devraient pas être rattachés aux magistrats, aux juges", dénonce le secrétaire général adjoint de l'USM.

"On est sur la défensive face à quelqu'un qui est contre les magistrats depuis 20 ans"

"On a un système où les droits de la défense sont forts, où c'est plus compliqué pour les juges d'instruction de mener leurs investigations (...) Éric Dupond-Moretti sera jugé sur ses actes, il l'était avant auparavant sur ses paroles, qui étaient très agressive. Or le ministère de la Justice doit être un ministère d'apaisement. Aujourd'hui, on a une personnalité extrêmement clivante, extrêmement dure".

Sur ses plaidoiries dans beaucoup d'affaires politico-financière, là encore Florent Boitard estime que "ça pose problème" : "Les magistrats ont besoin d'être rassurés sur le fait qu'il respecte notre métier, puisqu'il n'a eu de cesse de montrer, au minimum, du mépris".

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