Marine Le Pen et Florian Philippot
Marine Le Pen et Florian Philippot © MaxPPP

La justice française examine le statut de 20 assistants parlementaires des 23 députés européens du parti d’extrême droite. Ils auraient perçu des rémunérations de Bruxelles alors qu’ils travailleraient en réalité uniquement pour le FN sur le territoire français.

Ils étaient dans le collimateur des services financiers du Parlement européen depuis plusieurs mois. Ces assistants parlementaires sont soupçonnés de travailler essentiellement pour le parti de Marine Le Pen en France, et non pour ses 23 eurodéputés. Le Parlement européen leur reproche donc de bénéficier de rémunérations versées par Bruxelles, tout en travaillant exclusivement pour le FN sur le territoire français : une pratique illégale.

Un statut clair

Le budget du Parlement européen doit pourtant répondre à des applications bien précises :

Seuls peuvent être pris en charge les frais correspondant à l’assistance nécessaire et directement liée à l’exercice du mandat parlementaire des députés (…). Les salaires versés aux assistants par le Parlement ne peuvent servir directement ou indirectement à financer des contrats établis avec des groupes politiques du Parlement ou des partis politiques.

Martin Schulz, le président social-démocrate du Parlement a envoyé un courrier à Christiane Taubira, la ministre de la Justice, le 9 mars dernier. Il y décrit des faits qui pourraient relever de l’abus de confiance. Martin Schulz a aussi saisi l'Office européen de lutte antifraude. Des abus potentiels à une échelle inédite dans l'histoire du Parlement.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour soupçons de fraude le 24 mars. C’est l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) qui s’occupe des investigations.

Le FN crie à l’acharnement

Les faits concerneraient finalement 20 assistants sur les 29 soupçonnés à la base. Lors de la révélation de l’affaire début mars, Marine Le Pen a d’emblée dénoncé une manœuvre du gouvernement français sur Twitter.

Selon le journal Le Monde , les salaires versés par Bruxelles aux 20 assistants parlementaires concernés par cette enquête équivaudrait à un préjudice d' 1,5 million d’euros par an si la fraude était avérée.

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