Incontestablement, Daphne Caruana Galizia était la journaliste la plus célèbre de Malte. Assassinée à 53 ans, le 16 octobre 2017, dans l'explosion de sa voiture, elle était un acteur majeur de la société maltaise. Un acteur particulièrement virulent à l'égard de la corruption.

La journaliste Daphne Caruana Galizia a été assassinée le 16 octobre 2017 dans l'explosion de sa voiture.
La journaliste Daphne Caruana Galizia a été assassinée le 16 octobre 2017 dans l'explosion de sa voiture. © Dan Kitwood / The Guardian / Forbidden Stories

Le 16 octobre 2017, en début d’après-midi, Daphne Caruana Galizia quitte sa maison de Bidnjia, dans le centre de l’île de Malte. Elle doit se rendre à sa banque suite au gel de ses comptes, en raison des poursuites judiciaires intentées contre elle par le ministre de l’Économie, Chris Cardona. 

Sa Peugeot 108 emprunte la petite route qui descend des hauteurs du village où elle vit avec son mari et où ses enfants ont grandi. Elle ignore que non loin de maison, un homme observe son départ. Elle ne sait pas non plus que sur la colline d’en-face, un autre l’observe prendre la route. Ni qu’un troisième, en mer, tient un téléphone portable dans sa main et s’apprête à envoyer une commande au détonateur qui se trouve sous siège. La voiture fait environ 300 mètres. 

La route que Daphne Caruana Galizia emprunte juste avant l'explosion.
La route que Daphne Caruana Galizia emprunte juste avant l'explosion. / Darrin Zammit Lupi / The Guardian / Forbidden Stories

À 14h58, une première explosion, relativement faible, la stoppe net. Puis une deuxième, extraordinairement violente, pulvérise la voiture et la catapulte au milieu du champ sur sa droite. Dans la maison, son fils, Matthew, venu passer quelques jours en famille, entend l’explosion. Il a compris. Il y a eu de nombreux assassinats à la voiture piégée ces derniers mois à Malte. 

Ennemie de la corruption

Daphne Caruana Galizia avait créé en 2008 un blog totalement indépendant, Running Commentary, dans lequel elle avait révélé de nombreux scandales de corruption au sein de la classe politique locale. La journaliste y était lue par des dizaines de milliers de Maltais (dans un pays de 450 000 habitants) et donnait le ton du débat politique dans le pays. 

Le Premier ministre maltais Joseph Muscat.
Le Premier ministre maltais Joseph Muscat. © Radio France / Sylvain Tronchet / Forbidden Stories

Elle avait notamment révélé en 2016 que deux très proches de l’actuel Premier ministre maltais, Joseph Muscat – son directeur de cabinet, Keith Schembri, et l’un de ses ministres, Konrad Mizzi –, étaient les bénéficiaires de sociétés offshore soupçonnées d’avoir servi à percevoir des revenus issus d’opérations douteuses

Keith Schembri, chef de cabinet du Premier ministre de Malte Joseph Muscat
Keith Schembri, chef de cabinet du Premier ministre de Malte Joseph Muscat © Reuters / Darrin Zammit Lupi / Forbidden Stories
Konrad Mizzi
Konrad Mizzi © Reuters / Darrin Zammit Lupi / Forbidden Stories

Le 20 avril 2017, elle affirme que la femme du Premier ministre, Michelle Muscat, est la bénéficiaire d’une société offshore qui aurait touché plus de 1 million d’euros en provenance d’Azerbaïdjan. Le chef du gouvernement dément, mais les scandales commencent dangereusement  à s’accumuler autour de lui alors qu’il préside l’Union européenne depuis janvier… 

Il promet des enquêtes poussés, mais sa réponse est en réalité politique : le 1er mai, il convoque des élections anticipées. Le parti travailliste obtient 55 % des voix. Il forme un gouvernement où il nomme à nouveau Keith Schembri et Konrad Mizzi, malgré les soupçons qui pèsent sur eux. A ce jour, l’enquête sur la société dont sa femme serait bénéficiaire n’a pas abouti.

Inimitié notoire entre la journaliste et la juge qui instruisait l'enquête sur son assassinat

L'enquête sur la mort de la journaliste s'est quant à elle déroulée dans des conditions particulières. Dans un si petit pays (trois fois la surface de Paris), où tout le monde se connaît, l'impartialité n'est guère assurée. La première juge nommée en charge de l’enquête était une femme dont l’inimitié avec Daphne Caruana Galizia était notoire. La journaliste avait critiqué son action sur son blog, la magistrate l’avait poursuivie. La famille a engagé une procédure pour la récuser. Elle a fini par se démettre d’elle-même. 

À Malte, la majorité des magistrats sont nommés par le gouvernement, de même que le chef de la police, qui est aussi le procureur général puisqu’il c’est lui qui décide – ou non – d’ouvrir les enquêtes. La famille de Daphne Caruana Galizia a toujours clairement exprimé sa défiance envers les autorités judiciaires et policières de leur pays. Elle a d’ailleurs refusé de remettre l’ordinateur de la journaliste à la justice, de peur qu’il soit exploité pour remonter jusqu’à ses sources. La police maltaise est par ailleurs notoirement sous-équipée. Pour l’enquête sur l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, elle a reçu le concours des polices néerlandaise et finlandaise, d’Europol, et du FBI.

Trois suspects, pas de motif clairement établi

Le 4 décembre 2017, la police arrête trois suspects : deux frères, George et Alfred Degiorgio, et Vincent Muscat. Tous les trois sont connus des services de police, même s’ils n’ont jamais été condamnés. 

George Degiorgio a eu un conflit avec un homme qui est mort dans l’explosion de sa voiture en 2016. L’assassin n’a jamais été retrouvé. Vincent Muscat a reçu trois balles dans la gorge en 2014 lors d’une altercation. Il a réussi à s’enfuir. L’homme qu’il a désigné comme étant le tireur est mort par balles quelques mois plus tard. Son assassin n’a jamais été retrouvé. 

Les trois hommes nient avoir organisé l’attentat qui a tué Daphne Caruana Galizia, mais les enquêteurs disposent d’éléments accablants. La géolocalisation de leurs téléphones mobiles, des enregistrements (George Degiorgio était mis sur écoute) les désignent. 

Les policiers ont établi que la bombe, qui avait été placée sous le siège conducteur la nuit d’avant, avait été déclenchée par un téléphone mobile se trouvant en mer, au large de Malte. Quelques heures avant l’explosion, George Degiorgio est filmé par les caméras d’un port prenant la mer aux commandes de son bateau. 

Les policiers ont également retrouvé l’ADN de son frère sur un mégot abandonné à l’endroit d’où il aurait surveillé le départ de la voiture. Une demi-heure après l’explosion, George Degiorgio envoie un SMS à sa compagne : "Buy me wine, my love." ("Achète-moi du vin, mon amour.") Elle répond : "OK."

De nombreux éléments semblent désigner les trois hommes. Mais un autre manque cruellement : le mobile. Quel aurait pu être leur mobile ? Ils n’avaient a priori aucune raison de s’en prendre à la journaliste. Sur l’île, tout le monde est persuadé qu’il y avait un commanditaire. Mais qui ? Daphne Caruana Galizia avait tellement d’ennemis…

Dans son dernier post de blog, 23 minutes avant sa mort, Daphne Caruana concluait sur cette phrase : "There are crooks everywhere you look. The situation is desperate." ("Il y a des escrocs où que l’on regarde. La situation est désespérée.") 

47 procédures de poursuite en diffamation

Le contexte politique maltais et le débat autour de la personnalité de Daphne Caruana Galizia étaient d’une violence inouïe, inimaginables en France. Lors du débat télévisé avant les dernières élections législatives, l’actuel Premier ministre, Joseph Muscat n’avait pas hésité à dire que la journaliste était la maîtresse de son adversaire, le chef du parti nationaliste, Simon Busuttil. 

Malte est une société totalement bipolarisée entre les deux partis politiques historiques : le parti nationaliste (centre droit) et le parti travailliste. On vote souvent par tradition familiale et les antagonismes sont très nombreux entre les deux camps. Rares sont les acteurs neutres ou sans opinion, dans une société où l’appartenance à tel ou tel camp signifie aussi obtenir un emploi, un logement, des marchés publics ou autres avantages… Daphne Caruana Galizia était clairement proche du parti nationaliste. Ceci dit, elle avait fait quelques révélations embarrassantes sur son actuel leader, Adrian Delia, affirmant qu’il était lié à des proxénètes londoniens, ce que l’élu a toujours nié. Elle était détestée ou vénérée selon que l’on appartient à un camp ou l’autre.

Daphne Caruana Galizia était également l’objet de nombreuses procédures judiciaires. Lorsqu’elle est morte, elle faisait l’objet de 47 procédures de poursuites en diffamation, la plupart initiée par des membres ou des proches du parti travailliste au pouvoir. Un ministre avait tenté de remettre en cause son statut de journaliste, arguant qu’elle était une "blogueuse" pour la forcer à dévoiler ses sources. 

Drapeau de la Pilatus Bank
Drapeau de la Pilatus Bank / Olivier Laban-Mattei Myop / Le Monde / Forbidden Stories

Une banque d’affaires maltaise sur qui elle avait enquêté, la Pilatus Bank, lui avait intenté en mai 2017 un procès aux États-Unis. Les avocats de la banque estimait le préjudice pour leur client à 40 millions de dollars ! Pour contester cette procédure ouverte devant un tribunal américain, Daphne Caruana Galizia aurait dû payer 300 000 dollars américains ! (La banque a renoncé à cette action le lendemain de sa mort, mais certaines procédures sont toujours en cours…)

Le ministre de l’Économie maltais, Chris Cardona, avait obtenu quelques mois avant sa mort le gel de tous ses comptes bancaires dans le cadre d’une plainte où il lui réclamait des dommages et intérêts (suite au "Brothelgate", la révélation de sa présence dans une maison close), une procédure jamais utilisée jusque-là à Malte

Chris Cardona, ministre de l'Économie de Malte
Chris Cardona, ministre de l'Économie de Malte © Reuters / Darrin Zammit Lupi / Forbidden Stories

Ultime exemple : en mai 2017, Daphne Caruana Galizia a publié sur son blog un mail envoyé par la patron d’une société sur qui elle enquêtait. Christian Kalin, le PDG d’Henley & Partners écrivait à Joseph Muscat et son directeur de cabinet, Keith Schembri leur avis sur son intention de poursuivre Daphne Caruana Galizia devant une juridiction britannique. Réponse du Premier ministre, qui utilisait son adresse personnelle : "Je ne vois pas d’objection." Réponse de son directeur de cabinet : "Merci Chris, tout cela a l’air très bon. Sincères amitiés." 

Les partisans de Daphne expliquent qu’elle subissait un véritable harcèlement. 

"La sorcière de Bidnija"

Daphne Caruana Galizia elle-même n’était pas tendre avec les politiques sur lesquels elle enquêtait. La journaliste d’investigation était aussi imprégnée de la culture des tabloïds anglais et quelques un de ses posts n’avaient rien à envier aux unes du Sun. 

Son blog était souvent volontiers mordant. Elle pouvait s’y permettre des commentaires sur l’apparence physique de tel ou telle, ou bien révéler que tel ministre avait eu un repas fort arrosé la veille, ce qui expliquait qu’il se soit endormi pendant le congrès de son parti. Elle avait notamment révélé que le ministre de l’Économie, Chris Cardona, avait été aperçu dans une maison close en Allemagne, en marge d’un voyage officiel. Le ministre avait démenti mais Daphne Caruana avait maintenu ses révélations.

De son côté, un conseiller en communication du Premier ministre, Glenn Beddingfield, aujourd’hui député, avait créé un blog quasi-exclusivement dédié à la journaliste. Elle y était surnommée "The Witch of Bidnija" ("La Sorcière de Bidnija", la ville où elle vivait). L’auteur du blog demandait à ses supporters de la prendre en photo, de préférence dans des poses peu à son avantage s’ils la croisaient au restaurant, faisant ses courses… Il a consacré des centaines et des centaines de posts à commenter, critiquer, disséquer toutes les activités de la journaliste. Pour lui, ce n’était qu’un juste retour des choses. 

"Daphne était une commentatrice politique plus qu’une journaliste", a-t-il expliqué dans un post de son blog suite aux questions que les journalistes du Projet Daphne lui ont envoyées. "Elle avait un parti pris démontré par son perpétuel dénigrement des élus travaillistes. Tout le monde ici déplore les circonstances terribles de sa mort, mais cela ne peut pas effacer ses écrits cruels." 

Le parti travailliste avait également utilisé son image sur des affiches de campagne. Elle était "the hate blogger" (la blogueuse haineuse) pour le Premier ministre Joseph Muscat.

Daphne Caruana Galizia avait déjà été menacée ou avait fait l’objet de tentatives d’agression. En 2006, alors qu’elle enquêtait sur l’extrême droite maltaise, des inconnus ont tenté d’incendier sa maison, dont les murs avaient été tagués quelques jours plus tard. En 2013, elle avait été poursuivie et menacée par le maire d’une ville maltaise. L’homme avait été condamné à une peine de prison, avant d’être gracié par le président de la République. 

Qu’ont découvert les journalistes du projet Daphne ?

Concernant les commanditaires potentiels, la piste politique n’est pas à l’ordre du jour du côté des enquêteurs. D’après nos informations la thèse privilégiée actuellement par la police maltaise (les enquêteurs étrangers sont repartis maintenant) serait celle d’un acte commis par une organisation criminelle sur laquelle la journaliste enquêtait.

Élément troublant : les informations que nous avons recueillies montrent que les enquêteurs ont la conviction que les suspects étaient avertis de l’imminence de leur arrestation. L’un des trois suspects s’était opportunément débarrassé de son téléphone portable, le jour de son arrestation, et il avait écrit le numéro de téléphone de sa compagne sur sa main. Des éléments qui accréditent la thèse de fuites au sein de la police maltaise.

Ces dernières semaines, une rumeur courait sur l’île : le ministre de l’Économie, Chris Cardona, celui-là même dont Daphne Caruana Galizia avait affirmé qu’il se trouvait dans une maison close en Allemagne, aurait été vu en compagnie de l’un des assassins présumés dans un bar d’un village du centre de l’île. Nous lui avons donc posé la question. La réponse de Chris Cardona est claire : s’il admet fréquenter ce bar, il ne se "souvient pas avoir eu de discussion avec l’un de ces trois individus", et affirme en tout cas n’avoir jamais "eu de rendez-vous avec l’un d’eux". Tout juste admet-il qu’étant par ailleurs avocat pénaliste, il avait déjà entendu parler d’eux. 

Bar Ferdinand's, dans le village de Siggiewi.
Bar Ferdinand's, dans le village de Siggiewi. / Olivier Laban-Mattei Myop / Le Monde / Forbidden Stories

Pourtant, deux témoignages recueillis par les journalistes du Projet Daphne semblent contredire cette version. Le premier est un client du Ferdinand’s Bar à Siggiewi, rencontré par deux journalistes de Radio France et d'Envoyé spécial (France 2).

Voici ce qu’il leur a raconté :

  • Journaliste 1 : A politician that went in a gentleman club, no ?
    Il y a un politicien qui est allé dans un club pour homme. 
  • Témoin : Cardona. He drinks with us here.
    Cardona. Il boit avec nous ici. 
  • Journaliste 2 : He comes here? He is from here?
    Il vient ici ? Il est du coin ? 
  • Témoin : Yes. Every Saturday and Sunday he comes. The journalist, she died in Malta. Caruana Galizia. There are three people in prison.
    Oui. Il vient tous les samedis et tous les dimanches. Chris Cardona. Et il y a la journaliste qui est morte à Malte. Caruana Galizia. Trois personnes ont été arrêtées.
  • Journaliste 1 : And these men come here as well ?
    Et ces hommes, ils venaient ici aussi ?  
  • Témoin : Yes yes.
    Oui oui. 
  • Journaliste 1 : In the same bar ?
    Dans le même bar ?  
  • Témoin : In the same bar.
    Dans le même bar.  
  • Journaliste 1 : And they know the politician, Chris Cardona?
    Et ils connaissent le politicien, Chris Cardona ?
  • Témoin : Yes.
    Oui.
  • Journaliste 2 : And you saw them together?
    Vous les avez vus ensemble ?
  • Témoin : Yes, yes.
    Oui, oui.
  • Journaliste 1 : Many times?
    Plusieurs fois ?
  • Témoin : Together drink or whatever.
    Ensemble à boire des verres ou autre.
  • Journaliste 1 : They were together before or after the murder ?
    Ils étaient ensemble avant ou après le meurtre ?
  • Témoin : Before, yes.
    Avant, oui.

Un autre témoin, qui a été présenté aux journalistes du Projet Daphne par un responsable du parti d’opposition au gouvernement, va dans le même sens. Il est encore plus précis. Lui affirme avoir vu Chris Cardona discuter "l’air préoccupé" avec Alfred Degiorgio en novembre, soit un peu moins d’un mois après l’assassinat, toujours au Ferdinand’s Bar. D’après lui, les deux hommes avaient manifestement rendez-vous. Ils sont restés près d’une heure et demie ensemble, sortant même pour faire le tour de la place du village. Il y avait, selon lui, une grosse vingtaine de clients dans le bar à ce moment. 

D’après nos informations, la rumeur de cette ou ces rencontres est parvenue jusqu’à la police maltaise. Le magistrat en a même été informé par les avocats de la famille de Daphne Caruana Galizia, qui affirment avoir en leur possession plusieurs témoignages pouvant en attester. À notre connaissance, aucun politique n’a encore été entendu dans cette affaire. Chris Cardona nous a expliqué qu’il avait été convoqué par le premier magistrat (finalement récusé) mais qu’il n’avait aucune nouvelle du juge actuellement en charge de l’instruction.

Pour troublants qu'ils soient, les témoignages qui contredisent la version du ministre de l'Économie ne le désignent pas non plus comme un potentiel commanditaire. Une source proche de l’enquête explique ne pas croire à la piste politique. La thèse privilégiée serait-celle d’un crime commandé par une organisation criminelle sur laquelle la journaliste enquêtait.

The Daphne Project

Daphne Caruana Galizia
Daphne Caruana Galizia © Reuters / Darrin Zammit Lupi

Daphne Caruana Galizia était mariée à un avocat, Peter, et avait trois fils, Andrew, Paul et Matthew. Ce dernier est journaliste au sein de l’ICIJ, le consortium d’investigation à l’origine notamment des Panama papers et Paradise Papers.

Suite à son assassinat, 45 journalistes représentant 18 médias, dont France Télévisions, Radio France et Le Monde, ont décidé de reprendre son travail sur la corruption et les circuits internationaux de blanchiment d’argent sale. Une collaboration unique pour maintenir en vie les enquêtes de Daphne Caruana Galizia, coordonnée par l’organisation Forbidden Stories. 

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