C’est au détour d’une question des avocats de la défense que la phrase claque. Me Franck Berton, ancien avocat d’Odile Marécaux, se tourne vers celui qu’il défend aujourd’hui :

« Moi je ne vous ai pas vu depuis des années et je vous trouve, pardonnez-moi de vous le dire, fracassé. »

Dans le box des accusés, Daniel Legrand encaisse et acquiesce. Au fond, il sait que c’est vrai.

Daniel Legrand s’exprime avec difficulté, masque mal sa nervosité.

Le premier expert entendu, le docteur Ait Menguellet, confirme un « ralentissement global en rapport avec la sédation ». En l’occurrence, « un traitement neuroleptique important » : une injection tous les quinze jours, du valium. Mais aussi du subutex, substitut à l’héroïne.

La drogue – cannabis, héroïne – dont il se dit toutefois « petit consommateur ». « J’avais mon argent de poche par ma mère. Je me prenais un petit bout de shit. J’étais pas dans le milieu de la drogue », insiste-t-il face aux avocats des parties civiles qui s’étonnent de sa consommation régulière alors qu’il se disait espoir régional de football.

Aujourd’hui, il est reconnu comme adulte handicapé. « Apathique » le qualifie l’expert Menguellet. Qui poursuit : « inclinaison à la solitude », « sans divertissement ».

Bref, fracassé.

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