Tous en parlent. Enquêteurs, journalistes, témoins. Tous ceux qui ont un jour, lors d'une garde à vue, un interrogatoire, un témoignage à la barre d'une salle d'assises, croisé le regard du tueur en série parlent de ce sentiment particulier qu'ils ont ressenti. Ce regard froid, qui donne l'impression de vous fouiller l'âme, ce regard fixe. Il faut dire que Francis Heaulme ne cille pas, ou très peu. Ce qui, pour certains, accentue le malaise. Et la liste des meurtres commis par celui qu'on a surnommé le "routard du crime" ne fait qu'accentuer cet effroi.

Cette fois, peut-être la dernière d'ailleurs, Francis Heaulme sera jugé pour la mort de deux enfants: Cyril et Alexandre, huit ans tous les deux ce jour de septembre 1986 où ils ont succombé, massacrés à coups de pierres. Quel regard aura-t-il et pour qui quand il entrera dans la salle d'assises de Metz? Celui d'un homme assagi, qui plus est étranger à la mort des deux garçons, comme le prétend son avocat Pierre Gonzales de Gaspard? Ou celui d'un tueur qui revit ses meurtres en les racontant, comme l'ont déjà constaté les enquêteurs?

Les jurés qui s'apprêtent à être tirés au sort pour suivre ce procès hors norme tenteront peut-être de trouver la réponse ... dans le regard de Francis Heaulme.

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