Le président du MoDem et Garde des Sceaux démissionnaire François Bayrou a précisé les raisons de son départ du gouvernement, alors que le parti est visé par une enquête.

François Bayrou, président du MoDem, a démenti les accusations qui pèsent contre son parti pour l'emploi abusif d'assistants parlementaires.
François Bayrou, président du MoDem, a démenti les accusations qui pèsent contre son parti pour l'emploi abusif d'assistants parlementaires. © AFP / Eric FEFERBERG

"J'étais la véritable cible" des "dénonciations anonymes" sur les emplois présumés fictifs au MoDem a expliqué François Bayrou mercredi après-midi, quelques heures après avoir annoncé qu'il ne prendrait pas part au second gouvernement Philippe, dont les nominations doivent être annoncées ce mercredi également.

"Je choisis de préserver la loi de moralisation"

Depuis le siège du MoDem, à Paris, le président du parti et ancien Garde des Sceaux a affirmé son innocence : "Nous n'avons jamais eu d'emplois fictifs et j'ai pour le prouver une absolue confiance dans la justice."

Pour lui, ces dénonciations anonymes ont pour but de fragiliser le gouvernement, alors que François Bayrou portait la loi de moralisation de la vie publique. Pour ne pas nuire au projet de loi, il a donc choisi de démissionner. Une démission, explique l'ex-ministre de la Justice, qu'il avait évoqué avec le président de la République dès l'ouverture de l'enquête préliminaire.

"Je choisis la liberté de jugement et la liberté de parole. Je choisis de préserver la loi de moralisation, je choisis de ne pas exposer à des campagnes mensongères le gouvernement et le président de la République que je soutiens" a-t-il encore dit.

François Bayrou a également regretté ne de pas pouvoir se défendre en tant que ministre, faisant allusion au coup de fil qu'il a passé à France Inter alors qu'une enquête allait paraître sur les soupçons de double emploi des assistants parlementaires du MoDem : "la seule personne en France qui ne pouvait pas se défendre contre la calomnie et la dénonciation c'est le ministre de la Justice".

Le président du MoDem, sa vice-présidente, Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes du gouvernement sortant, ainsi que d'autres membres du parti centriste sont actuellement sous le coup d'une enquête préliminaire, soupçonnés d’avoir utilisé pour leurs propres activités en France plusieurs assistants de députés européens. Le Garde des Sceaux a annoncé ce mercredi matin qu'il ne serait pas membre du deuxième gouvernement Philippe, suivi quelques minutes plus tard par Marielle de Sarnez. Un jour plus tôt, c'est Sylvie Goulard qui annonçait son départ du ministère des Armées dans le but de montrer sa "bonne foi" et de se consacrer entièrement à sa défense dans cette enquête. Il n’y a donc plus de représentants du MoDem au gouvernement.

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