Le candidat Les Républicains a été mis en examen ce mardi matin, soit un jour plus tôt que prévu, notamment pour détournement de fonds publics et complicité d'abus de biens sociaux

François Fillon a été mis en examen notamment pour détournement de fonds publics un jour avant la date prévue
François Fillon a été mis en examen notamment pour détournement de fonds publics un jour avant la date prévue © AFP / MARTIN BUREAU

François Fillon avait pris les devants le 1er mars en annonçant sa convocation mercredi 15 mars devant les trois juges d'instruction chargés de l'information judiciaire en vue de sa mise en examen. Le calendrier aurait donc été modifié. Il a été mis en examen pour détournements de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux, et manquements aux obligations de déclaration à la haute autorité de la vie publique. Le chef de mise en examen de trafic d'influence n'a pas été retenu.

Me Antonin Lévy, avocat de François Fillon, a confirmé l'information révélée mardi après midi par le Canard enchaîné :

L'audition a été avancée pour qu'elle se déroule dans des conditions de sérénité.

Le parquet de Paris l'a confirmé dans la foulée. Concernant le trafic d'influence, présent dans l'information judiciaire ouverte par le parquet national financier, il n'a pas été retenu à ce stade dans la mise en examen de François Fillon.

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La classe politique a aussitôt réagi à cette mise en examen, comme par exemple l'ex-candidat EELV Yannick Jadot, qui a rejoint le candidat socialiste Benoit Hamon.

François Fillon reste candidat

Le candidat, qui se dit victime d'une enquête "exclusivement à charge" et privé du traitement dû à "un justiciable comme les autres", a réaffirmé lundi qu'il irait jusqu'au bout de sa campagne malgré ses ennuis judiciaires. Il a d'ailleurs présenté son programme lundi.

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François Fillon avait promis qu'il se retirerait de la course à l'Élysée s'il était mis en examen, avant de revenir sur cet engagement.

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Emplois présumés fictifs, notes introuvables, costumes etc.

Au cœur de l'affaire qui a bouleversé sa campagne se trouve l'emploi, révélé fin janvier par Le Canard enchaîné, de son épouse Penelope comme assistante parlementaire (de 1986 à 2013 avec des interruptions), alors qu'elle semblait jusque là n'avoir eu aucun rôle politique à ses côtés.

L'enquête porte également sur les activités de Penelope Fillon à La Revue des deux mondes, pour lesquelles elle a perçu environ 100 000 euros brut entre mai 2012 et décembre 2013 et dont le propriétaire, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche du candidat Les Républicains. Elle doit être entendue à son tour le 28 mars.

Autre sujet d'investigations, les emplois d'assistants parlementaires de deux enfants du couple auprès de leur père, alors sénateur, de 2005 à 2007.

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François Fillon a fait face ce lundi à de nouvelles révélations dans la presse, notamment sur les prix très élevés de vêtements de luxe offerts par un ami, dont deux costumes pour 13 000 euros chez Arnys en février. Il n'a rien déclaré. Le déontologue de l'Assemblée, Ferdinand Mélin-Soucramanien, s'est saisi de la question pour rechercher s'il y a eu un manquement ou pas au code de déontologie des députés.

Enfin, mardi matin, de nouvelles informations publiées dans Le Parisien laissent entendre que les enfants Fillon ont remboursé leurs parents des sommes prêtées. Sur les 46 000 euros net touchés par la fille Marie Fillon, d'octobre 2005 à décembre 2006, environ 33 000 sont repartis sur le compte joint des parents.

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