Le procureur de la République de Paris a détaillé mercredi soir les derniers éléments de l'enquête sur les attentats, et le déroulé de l'opération du matin à Saint-Denis. Huit personnes sont en garde à vue et le commanditaire présumé n'en fait pas partie.

À demi-mot, François Molins a reconnu que tout était parti d'une dénonciation, lundi dernier, deux jours après les attentats. Un témoignage reçu par les enquêteurs sur une possible présence d'Abdelhamid Abaaoud en France. L'homme est toujours considéré comme l'organisateur de l'opération qui a coûté la vie à 129 personnes dans la nuit de vendredi à samedi.

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Dès jeudi matin les policiers volontaires pourront porter leur arme hors service durant l’Etat d’urgence

Une note de la Direction générale de la Police nationale sera envoyée ce jeudi matin à tous les services. A compter de la réception de cette note tous les policiers qui le souhaitent pourront porter leur arme hors service durant l’état d’urgence, même sans gilet pare balles, aux conditions suivantes :

  • avoir un brassard police sur soi pour éviter toute confusion
  • avoir fait au minimum une séance de tir règlementaire
  • avoir avisé sa hiérarchie

Un comité technique exceptionnel sera réuni le 30 novembre pour valider un changement du règlement général d’emploi des armes de Service

Il ne fait pourtant pas partie des huit personnes interpellées lors de l'opération mercredi matin à Saint-Denis. Toute la question est désormais de savoir si Abdelhamid Abaaoud et Salah Abdeslam, activement recherchés depuis deux jours, font partie des corps retrouvés après l'opération dans l'appartement où les terroristes s'étaient retranchés... Ou s'ils sont toujours en liberté. Au moins un djihadiste s'est fait exploser lors de l'assaut, une femme qui n'a pas encore été identifiée. Un corps criblé de balles a également été retrouvés et n'est pas identifié non plus. Le procureur de la République a évoqué "au moins deux morts" dans l'opération : un troisième corps pourrait avoir été soufflé par l'explosion.

Cinq policiers du Raid ont été blessés dans la nuit, lors de cet assaut extrêmement violent. La porte blindée du logement a d'abord résisté aux explosifs, laissant l'opportunité aux terroristes de préparer une riposte.La fusillade qui a suivi a duré une heure, avec plus de 5 000 munitions tirées par les forces de l'ordre.

Selon François Molins, l'équipe maîtrisée mercredi matin pouvait passer à l'acte et lancer une nouvelle opération . Il s'agissait d'une quatrième équipe, liée aux trois commandos qui ont agi vendredi.

Le déroulé des évènements de vendredi plus clair

On en sait justement un peu plus sur les attentats du 13 novembre. François Molins l'assure : l'enquête a "considérablement progressé" depuis.

Trois commandos ont été identifiés, à l'origine d'une action coordonnée pour commettre les attentats. Trois véhicules (une Polo, une Seat, une Clio) sont arrivés quasiment en convoi en région parisienne de la Belgique à 10 minutes d'intervalle, toutes louées par les frères Abdeslam. Les policiers y ont retrouvé des armes et des munitions.

La quantité et la nature des armes à disposition des terroristes démontrent une action jusqueboutiste et déterminée.

Le samedi 14 novembre à 9h10, un contrôle routier a permis d'identifier un autre véhicule , une Golf dans laquelle Salah Abdeslam et deux autres individus ont été identifiés. Ces derniers seraient venus chercher Salah à sa demande pour le ramener en Belgique, mais leur rôle complet reste encore à déterminer.

Près du Bataclan, les enquêteurs ont également retrouvé un téléphone visiblement abandonné par les terroristes. Avec ce SMS reçu quelques minutes avant le drame de vendredi : "On est parti, on commence".

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