La prison de Fresnes, près de Paris, est de nouveau pointée du doigt pour les conditions déplorables de détention. Suroccupation, rats, délabrement... le constat est accablant.

Fresnes, une maison d'arrêts surpeuplée et insalubre, dénonce un rapport
Fresnes, une maison d'arrêts surpeuplée et insalubre, dénonce un rapport © J.-C. Hanché pour le CGLPL

En octobre 2016, l'Observatoire international des prisons (OIP) avait déjà obtenu en justice que le directeur la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne, réalise des travaux de dératisation et de désinsectisation.

Aujourd'hui, c'est Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de libertés (CGLPL) qui enfonce le clou en faisant des recommandations en urgences à destination du ministre de la Justice.

Ecoutez l'éclairage d'Abdelhak El Idrissi :

Le principal problème c'est la surpopulation carcérale. Il y a désormais 2 fois plus de détenus que de places disponibles à Fresnes où les cellules de 10 m2 sont occupées par 2 voire à 3 personnes. Un phénomène qui n'est pas nouveau mais "massif", "durable" et "particulièrement indigne" à Fresnes.

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Car cette promiscuité provoque des problèmes sanitaires et une hygiène désastreuse.

Photos à l'appui, Adeline Hazan explique que les rats "évoluent en masse" dans la prison, à tel point qu'ils ne s'effraient même plus de la présence d'êtres humains.. et que les punaises de lit ont envahi les cellules, avec de nombreux cas de morsures...//

Principal problème : la surpopulation carcérale

Elle estime que, dans certains cas, les conditions de détention violent gravement les droits fondamentaux des détenus. Lors de la visite de la maison d’arrêt de Fresnes, notamment dans le quartier de sommes, la contrôleure n’a pu que constater la surpopulation carcérale exceptionnelle qui, selon elle, empêche un hébergement dans des conditions conformes aux normes du comité pour la prévention de la torture.

A Fresnes, la contrôleure dénonce un phénomène de surpopulation "massif", "durable" et "particulièrement indigne".
A Fresnes, la contrôleure dénonce un phénomène de surpopulation "massif", "durable" et "particulièrement indigne". © J.-C. Hanché pour le CGLPL

Il y a désormais deux fois plus de détenus que de places disponibles à Fresnes. Dans des cellules de cellules de 10 mètres carrés, les détenus vivent souvent à 2 voire à 3.

Dans une cour de la prison de Fresnes, les rats côtoient les déchets.
Dans une cour de la prison de Fresnes, les rats côtoient les déchets. © J.-C. Hanché pour le CGLPL

Cette promiscuité provoque par ailleurs des problèmes sanitaires et une hygiène désastreuse. Photos à l'appui, Adeline Hazan explique que les rats "évoluent en masse" dans la prison, à tel point qu'ils ne s'effraient même plus de la présence d'êtres humains avec de nombreux cas de morsures.

Autre signe d'insalubrité, l'infestation de punaises de lits, qui font des dégâts considérables.
Autre signe d'insalubrité, l'infestation de punaises de lits, qui font des dégâts considérables. © J.-C. Hanché pour le CGLPL

Les punaises de lit ont envahi les cellules. Sur le fonctionnement de la prison, la contrôleure s'indigne du recours systématique à la fouille intégrale des détenus alors que la mise à nu est censée rester une exception.

Des salles d'attente où l'on passerait le moins de temps possible.
Des salles d'attente où l'on passerait le moins de temps possible. © J.-C. Hanché pour le CGLPL

Autant d'éléments qui ont créé des conditions de vie qualifiées "d'indignes" et qui peuvent s'apparenter, selon la contrôleure, à un "traitement dégradant en violation de la convention européenne des Droits de l'Homme". Des mesures ont déjà été prises, selon le ministre de la Justice : une prestation exceptionnelle de dératisation en novembre, un programme de rénovation sur trois ans ou encore la fin des fouilles à nu systématiques. Mais il n'est pas certain que ces mesures seules suffisent. De son côté, l'Observatoire international des prisons n'exclut pas de saisir de nouveau la justice pour faire bouger les choses.

A Fresnes, pour accéder au parloir, on patiente à l'étroit.
A Fresnes, pour accéder au parloir, on patiente à l'étroit. © J.-C. Hanché pour le CGLPL

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