Triple homicide à Marseille
Triple homicide à Marseille © MaxPPP

Une fusillade a éclaté ce samedi soir dans les quartiers nord de Marseille. Trois hommes ont été abattus, et trois autres sont blessés. Pour la police, c’est le résultat d’une déstabilisation de l’économie souterraine.

Ce samedi vers 22h45, "deux ou trois " assaillants sont rentrés dans une épicerie de nuit au cœur de Bassens, cité du 15ème arrondissement de Marseille, alors qu’un petit groupe regardait le match de football entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Les agresseurs auraient "sélectionné " leurs victimes. Trois personnes, âgées de 20 à 30 ans, sont mortes, atteintes par des tirs au thorax ou à la tête, et trois autres ont été blessées.

La piste du règlement de comptes ne fait pas beaucoup de doute

Ce triple homicide est probablement lié au trafic de stupéfiants, car deux des victimes étaient impliquées dans des affaires de drogue. Ce dimanche matin, plus aucune trace de la fusillade n'était visible, mais les habitants étaient tendus.

Le reportage d'Olivier Martocq dans la cité de Bassens.

Bassens a été un des hauts lieux du trafic de drogue à Marseille, mais les chefs du réseau, les frères Laribi, ont depuis été arrêtés et condamnés pour meurtres. De nouvelles "équipes" de trafiquants cherchent à s’y implanter, bien que la police reste très présente.

"Le résultat de l'efficacité de l'action policière ", selon les autorités

En février, le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, s’était félicité du démantèlement de plusieurs réseaux, mais avait prévenu que cette déstabilisation de l’économie souterraine pouvait s’accompagner d’une recrudescence des homicides. "Les résultats que nous obtenons déstabilisent les territoires, créent des vides, suscitent des convoitises, et peuvent aussi expliquer la commission de ces règlements de comptes " a abondé ce dimanche le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Laurent Nuñez.

Laurent Nuñez : "Ces homicides ne doivent pas occulter le travail remarquable des policiers ".

Dans la nuit de samedi à dimanche, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a réaffirmé "la détermination absolue du gouvernement à éradiquer la criminalité organisée ".

Des élus moins optimistes

Pour le député socialiste des quartiers nord de Marseille, Henri Jibrayel, il est au contraire incompréhensible que l'Etat, malgré les moyens qu'il déploie, ne parvienne pas à endiguer la violence sur ce territoire.

"Il faut cesser cette hémorragie du crime (...). On est en train de rejoindre ce qui se passe au Mexique dans les cartels. Il faut que ça cesse. Si on se donne les moyens, on peut faire le ménage ". Le député socialiste Henri Jibrayel.

"Ca ne donne pas beaucoup d’espoir pour les générations à venir. Il y a un vrai travail de fond à faire " a, pour sa part, déploré Samia Ghali sénatrice socialiste et maire des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille.

Avec cette nouvelle fusillade, dix personnes ont été tuées par balle dans l’agglomération phocéenne depuis le début de l’année.

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