L'auteur de la fusillade de Strasbourg a été condamné en France, en Allemagne et en Suisse. Fiché S, il s'était fait remarquer pour des actes de violences et pour son prosélytisme religieux.

Le suspect a tiré dans la foule du marché de Noël de Strasbourg avant de prendre la fuite
Le suspect a tiré dans la foule du marché de Noël de Strasbourg avant de prendre la fuite © AFP / SEBASTIEN BOZON

Le tireur du marché de Noël de Strasbourg est toujours en fuite, mais, après trois affrontements avec des militaires de Sentinelle et des policiers, il a été identifié comme étant Chériff Chekatt, un homme de 29 ans, né à Strasbourg et condamné pour des faits de droit commun dès le plus jeune âge : 13 ans. Il est également fiché S depuis 2016, en raison de ses liens avec des milieux islamistes strasbourgeois.

La Police nationale a diffusé ce mercredi soir un appel à témoin

Chériff Chekatt a, à son actif, 27 condamnations pour des faits de vol et de violence, en France principalement, mais aussi en Allemagne et en Suisse a précisé le procureur de Paris Rémy Heitz mercredi. Selon la garde des Sceaux Nicole Belloubet, il avait "effectué en France deux peines de prison de deux ans chacune qu'il avait purgées. Il était sorti (de prison) il y a trois ans de sa dernière condamnation". L'homme a également été incarcéré en Allemagne en 2016 pour cambriolages après avoir été condamné à 2 ans et 3 mois de prison en 2016 pour cambriolages. Il a purgé un peu plus d'un an en Allemagne avant d'être expulsé en France. Selon le journal Tagesspiegel, il avait cambriolé un cabinet dentaire à Mayence en 2012, où il avait notamment dérobé de l'argent liquide et des dents en or. Quatre ans plus tard, il s'en était pris à une pharmacie à Engen, près du lac de Constance.

Lors d'un passage en prison en France, le suspect s'était fait remarquer pour des actes de violences et pour son prosélytisme religieux, un comportement signalé à la Direction générale de la sécurité intérieure.

C'est dans le cadre de l'un des dossiers de droit commun que des gendarmes sont venus pour interpeller Chériff Chekatt mardi matin. Sans succès, le suspect n'était pas là.

Une grenade retrouvée à son domicile mardi matin

La perquisition à son domicile a permis de retrouver une grenade et un pistolet 22 long rifle. Ses trois fiches de recherche, diffusées dans la journée, n'ont pas permis de retrouver l'homme qui est donc passé à l'acte à 19h50 près du marché de Noël de la capitale alsacienne, muni d'une arme automatique.

Après avoir tiré sur la foule, le tireur tente de prendre la fuite. À deux reprises, des échanges de tirs ont lieu avec les force de l'ordre, avant que le tireur ne prenne brièvement en otage un chauffeur de taxi, direction le quartier du Neudorf où un nouvel échange de tirs à eu lieu, cette fois avec des policiers avant de disparaître. 

© AFP / Laurence SAUBADU, Thomas SAINT-CRICQ

"Rien ne permettait de détecter un passage à l'acte" du tireur d'après le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez qui été invité sur France Inter ce mercredi matin. "C'est un individu qui était radicalisé parce qu'il tenait des propos apologiques ou prosélytes en prison", a expliqué Laurent Nuñez. Mais _"_rien" selon lui "ne permettait de détecter un passage à l'acte dans sa vie courante".  

"Il a fait plusieurs séjours en prison et c’est à l’occasion de ces séjours en prison qu'a été détectée chez lui une radicalisation, dans la pratique religieuse", a ajouté le secrétaire d'État. "C’est un individu connu en droit commun, c’est-à-dire qu’il était connu pour beaucoup de délits autres que liés au terrorisme", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il'"a un casier qui est assez important" mais qu'il n'a "jamais été connu pour des délits liés au terrorisme".

Quatre des proches de Chériff Chekatt sont en garde à vue : son père, sa mère et deux frères.

"Il n'a "jamais été connu pour des délits liés au terrorisme"

"La motivation terroriste de l'acte n'est pas encore établie", a-t-il rappelé, même si le parquet anti-terroriste est saisi de l'affaire. Il "invite à la plus grande prudence" sur cette qualification terroriste,  "vraiment il faut être très très très prudent, beaucoup sont surpris par ce mode opératoire", a-t-il insisté.

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