Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé lundi la nouvelle stratégie du gouvernement pour maintenir l'ordre, alors que la dernière mobilisation des "gilets jaunes" a été accompagnée de fortes dégradations sur les Champs-Élysées et l'incendie de plusieurs commerces.

Avec ces annonces, le gouvernement monte d'un cran dans la répression contre les rassemblements non déclarés des "gilets jaunes" et les débordements violents dans les grandes villes françaises.
Avec ces annonces, le gouvernement monte d'un cran dans la répression contre les rassemblements non déclarés des "gilets jaunes" et les débordements violents dans les grandes villes françaises. © AFP / Bertrand GUAY

Après les dégradations, incendies et pillages des Champs-Élysées lors du 18e samedi de mobilisation des "Gilets jaunes", le Premier ministre a annoncé ce lundi un renforcement des conditions de manifestation afin d'en finir avec les violences. Depuis Matignon, Édouard Philippe a montré une nouvelle stratégie plus sévère vis-à-vis des casseurs.

Il a d'abord déploré les consignes "inappropriées" données aux forces de l'ordre pour "réduire l'usage" des lanceurs de balle de défense (LBD) et promet de "renforcer la fermeté de notre doctrine de maintien de l'ordre". Pour plus d'efficacité, le Premier ministre annonce un commandement unifié des forces de l'ordre et l'utilisation de moyens nouveaux.

"Mercredi en Conseil des ministres, le président de la République nommera préfet de police Didier Lallement, ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur, actuel préfet de la Nouvelle Aquitaine", a également indiqué Édouard Philippe. Il remplacera Michel Delpuech, 66 ans, qui était régulièrement donné partant, entre affaire Benalla et polémiques à répétition sur la gestion de l'ordre public dans la capitale.

Menace d'interdictions de manifestation

Afin d'éviter de nouveaux débordements, l'exécutif a décidé d'interdire les manifestations de "Gilets jaunes" dans plusieurs quartiers de France, dont les Champs-Élysées à Paris, si des "éléments ultras" sont présents : "Nous interdirons les manifestations se revendiquant des 'Gilets jaunes' dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d'éléments 'ultras' et de leur volonté de casser. Je pense bien évidemment aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse", où "nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements".

Au-delà des moyens, le gouvernement déclare complices les participants "à ces manifestations non déclarées" : "Je ne confonds pas les casseurs et la très grande majorité des 'Gilets jaunes' qui, d'ailleurs, ne manifestent plus aujourd'hui. Tous ceux qui participent à ces manifestations non déclarées se rendent complices. Leur seule revendication, c'est la violence. Je vais demander à la garde des Sceaux d'augmenter la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite" a précisé Édouard Philippe.

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