Lors de la séance des questions au gouvernement, le député Les Républicains des Yvelines s'en est violemment pris aux juges, dont certains sont selon lui "des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie".

Condamné la semaine dernière à 2 000 euros d'amende pour outrage à magistrat envers le juge Gentil, Henri Guaino semble s'être dit qu'il ferait aussi bien de se mettre l'ensemble des magistrats à dos. Dans une longue diatribe face à l'hémicycle, la voix et la main un peu plus tremblantes à chaque paragraphe, le député des Yvelines s'est indigné d'une "justice qui ne mérite plus son nom".

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Assurant n'être pas venu "pour parler de son cas personnel" (mais un peu tout de même, lorsqu'il évoque **"les juges infâmes qui rendent un jugement inique"** ), Henri Guaino fustige les magistrats qui selon lui "jugent selon leurs caprices, leurs préjugés, leurs rancoeurs." > Dans la magistrature comme partout ailleurs, il y a des gens qui honorent leurs fonctions. **Il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie, des gens auxquels l'ivresse de leur toute-puissance fait perdre tout discernement.** Circulez, il n'y a rien à voir, faites donc un recours pour réparer les vies brisées, els réputations détruites, les innocents traînés dans la boue. **Pendant ce temps, les trafiquants et les voyous sont en liberté** , mais tout est normal ! Visiblement furieux, le député évoque pêle-mêle (en plus de son propre cas) l'affaire Outreau, la PMA et la GPA, ou l'affaire des écoutes, avant de voir son micro coupé pour avoir dépassé son temps de parole. ### "Reprenez vos esprits" La riposte ne se fait pas attendre. La question, adressée initialement à Christiane Taubira (dont Henri Guaino estime en préambule qu'elle "ne daigne plus venir devant cette Assemblée"), est finalement prise en charge par le Premier ministre, qui explique immédiatement que la garde des Sceaux est en fait absente... pour assister à des obsèques en Guyane. **"Je peux parfaitement comprendre vos sentiments profonds"** , lance d'abord Manuel Valls en référence à la récente condamnation du député. > Ce que je ne peux pas accepter, **c'est la mise en cause de la magistrature** . La mise en cause dans cet hémicyle par un député comme vous, c'est un affaiblissement de l'État de droit, de la République, de ses fondements, de ses valeurs. Et parce que vous êtes attaché précisément à ces valeurs, je vous en conjure, **abandonnez ce discours, reprenez vos esprits, et revenez sereinement** dans ce qui est le cadre de la République, le respect des pouvoirs. Henri Guaino est particulièrement concerné par la question de l'indépendance de la justice, [thème de la plupart de ses interventions devant l'hémicycle depuis 2012](http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA609365).
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