Le tribunal de Nanterre, saisi en référé par David Hallyday et Laura Smet, a coupé la poire en deux : les enfants du chanteur n’obtiennent pas de droit de regard sur l’album posthume de leur père ; les juges ordonnent en revanche le gel d’une partie de ses avoirs.

La décision du Tribunal de Nanterre est au final plutôt équilibrée
La décision du Tribunal de Nanterre est au final plutôt équilibrée © AFP / Bertrand GUAY

Grande gagnante : Warner. La maison de disques de Johnny Hallyday doit sabler le champagne ce soir : le 51e et ultime album de Johnny Hallyday, promis à des ventes mirifiques, va pouvoir sortir. David et Laura demandaient à écouter, avant commercialisation, les dix chansons enregistrées par leur père entre mars et septembre 2017. Leur crainte : que l'interprétation de Johnny Hallyday soit dénaturée par le mixage de l'album réalisé après sa mort. La maison de disques a convaincu les juges que cette inquiétude n'était pas fondée : Johnny Hallyday avait validé les dix titres de son vivant ; l'album a été finalisé par le directeur artistique qu'il avait choisi : Maxime Nucci, en respectant ses volontés. Face à cette fin de non-recevoir, on ne sait pas si David et Laura répondront à la proposition de leur belle-mère, dans une interview donnée au Point, de venir écouter l'album chez elle, sans avocats ni caméras. 

Deuxième sur le podium : David et Laura. Les enfants aînés du chanteur obtiennent le gel d’une partie des avoirs de leur père. C'est une première étape importante, dans la longue bataille qui s'annonce autour de l’héritage du chanteur. Le tribunal de Nanterre, sans se prononcer sur le fond, estime qu’ils soulèvent une question juridique sérieuse sur la validité du testament américain de leur père. Johnny était-il résident américain, en ce cas, son testament de 2014 qui déshérite ses deux aînés est légal ; ou est-ce plus compliqué, au regard de ses liens étroits avec la France ? Le tribunal des référés a décidé, en attendant que la justice tranche sur le fond, de geler les biens qui pourraient disparaître : les maisons de Marnes-la-Coquette et de Saint Barthélémy, et les droits d'auteur et d'interprète de Johnny Hallyday.

Troisième, mais soulagée : Laeticia Hallyday. La veuve de Johnny Hallyday n’est pas financièrement asphyxiée par cette décision de justice. Contrairement à ce que demandaient David et Laura, les biens immobiliers américains, dont la maison de Los Angeles où elle vit avec ses filles, ne sont pas gelés. Pas de séquestre non plus des avoirs financiers et des comptes en banque du couple, que demandaient les avocats de David. 

La décision est au final plutôt équilibrée, elle a le mérite de n’humilier aucune des deux parties. Les avocats se disent d’ailleurs tous satisfaits de cette décision : "Cette première étape du processus judiciaire s’enclenche d’une manière favorable au respect des droits de Laura Smet", écrivent les conseils de la jeune femme. "Nous abordons avec sérénité le fond de cette affaire qui, nous en sommes convaincus, permettra de faire prévaloir et respecter intégralement les dernières volonté de l’artiste", assure de son côté Ardavan Amir-Aslani, l’avocat de Laetitia Hallyday.

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