Neuf mois après le démantèlement de ce qu'on a appelé "la jungle", près de 500 migrants sont de retour à Calais. D'après l'ONG, leur quotidien est un "enfer".

Entre 400 et 500 migrants vivent à Calais selon Human Rights Watch
Entre 400 et 500 migrants vivent à Calais selon Human Rights Watch © AFP / PHILIPPE HUGUEN

Dans son rapport fondé sur les témoignages de 61 demandeurs d’asile et migrants, Human Rights Watch dénonce des pratiques policières abusives. Elle évoque notamment "l'usage répété et abusif du gaz poivre". Les exilés – y compris les enfants - sont visés pendant qu’ils dorment ou à leur réveil. Une pratique injustifiée pour l’ONG, selon laquelle le seul but est de pousser les migrants à quitter Calais.

Ce gazage fait extrêmement mal aux yeux et provoque des difficultés respiratoires pendant une demi-heure. La nourriture aspergée ne peut plus être mangée, les sacs de couchage et les vêtements doivent être lavés. Les policiers auraient aussi pour habitude de confisquer les chaussures et les vêtements des exilés. Ce sont des pratiquescontraires au code de déontologie policière et aux traités internationaux, souligne HRW.

Les autorités françaises ferment les yeux sur des pratiques abusives

Certains travailleurs humanitaires interrogés font aussi état de violences à leur encontre. Les policiers auraient détruit des stocks de nourriture en fouillant les camionnettes ou en bloquant les distributions. Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch, évoque "des abus intolérables" et elle ajoute : "le fait que les autorités françaises ferment les yeux sur des pratiques abusives est tout aussi intolérable".

L’Unsa police dénonce « un dossier à charge »

Les autorités réfutent ces pratiques. Le syndicat Unsa Police dénonce un "dossier à charge". "Au sein de la police,je n’ai pas connaissance qu’il y ait du gaz au poivre", justifie Didier Michaud, secrétaire national CRS pour le syndicat. Il se dit "étonné de lire ces témoignages car il ne se passe plus rien à Calais depuis le démantèlement. Les collègues peuvent utiliser quelques grenades lacrymogènes pour les repousser, mais c’est exceptionnel." De son côté, la préfecture du Pas-de-Calais évoque des mensonges et calomnies.

Ce rapport, d'une ampleur inédite, va toutefois dans le même sens que le constat dressé il y a un mois par le défenseur des droits. Mi-Juin, Jacques Toubon s'inquiétait d'une "traque" des migrants à Calais et d'une "atteinte aux droits d'une exceptionnelle et inédite gravité".

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