Le père d’Elodie Kulik, violée et tuée en janvier 2002, a été entendu ce mercredi par la cour d’assises de la Somme. Il s’est dit convaincu de la culpabilité de l'accusé, Willy Bardon.

Jacky Kulik a été entendu mercredi 4 décembre par la cour d'assises de la Somme.
Jacky Kulik a été entendu mercredi 4 décembre par la cour d'assises de la Somme. © AFP / Denis Charlet

Jacky Kulik est venu avec une immense photo d’Elodie, lumineuse dans une robe blanche, posée devant le banc des parties civiles. Entendu ce mercredi par la cour d'assises, à Amiens, le père de la jeune femme violée et tuée en janvier 2002 a préparé un texte, car il a "énormément de choses à dire".

"Depuis 18 ans je ne dors presque plus, en revoyant le corps calciné, martyrisé de ma fille. Parler d’Elodie, c’est parler de sa mère, Rose-Marie. Après l’accident en 76 où nos deux enfants sont morts sur le bord de la route..." Il se met à pleurer. 

"Elle avait une force de caractère hors du commun, elle m’a de nouveau donné deux beaux enfants." Elodie, le 29 décembre 1977. Et Fabien, 13 mois plus tard. "En tuant Elodie, Willy Bardon et sa bande ont tué Rose-Marie", lâche Jacky Kulik. Son épouse est morte en 2011, après 9 ans de coma, suite à une tentative de suicide après la mort d’Elodie. 

"Je lui ai juré que jusqu’à mon dernier jour, je traquerai ces criminels"

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La présidente tente de le recadrer :

- Parlez-nous plutôt d’Elodie...  

- C’est le seul jour où je peux m’exprimer. Il y a 18 ans que j’attends, répond-il fermement.

- Il a le droit de dire sa conviction, intervient son avocat, Didier Seban.

Des larmes sur les bancs du public

"Je ne crois pas à la sincérité de Willy Bardon. Il me fait honte, lui et sa clique." Il souligne le nombre de témoins qui ont reconnu la voix de l’accusé. "Elodie, c’était la gentillesse personnifiée. C’était la joie de vivre. Je pense à ma petite-fille, qui n’aura jamais le plaisir de jouer avec des cousins et cousines… " Sa voix se brise, à nouveau. Sur les bancs du public, des proches de la famille essuient quelques larmes. 

"Adversaire de la peine de mort, je me sentirai libéré le jour où Willy Bardon retournera en prison. Qu’il aille croupir au fond d’une geôle, c’est là qu’est sa place. Ma conviction est faite", assène Jacky Kulik. 

Assis aux côtés de ses avocats, Willy Bardon ne cille pas. Il écoute et regarde Jacky Kulik, avec une extrême attention. Il termine. "Aux témoins qui parlent de ‘la fille’ sur la bande-son, et qui n’ont pas le courage de prononcer son prénom, je leur dis : c’était Elodie"

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