Il y a 22 ans, cet assassinat entre les deux tours de la présidentielle avait bouleversé la fin de la campagne.

Le 3 mai 1995, à l’appel de dizaines d'organisations, d'associations et de syndicats plusieurs milliers de personnes ont manifesté du pont de Carroussel à l'Opéra à Paris en souvenir de Brahim Bouarram
Le 3 mai 1995, à l’appel de dizaines d'organisations, d'associations et de syndicats plusieurs milliers de personnes ont manifesté du pont de Carroussel à l'Opéra à Paris en souvenir de Brahim Bouarram © AFP / Michel Gangne

Ce jour-là, le 1er mai 1995, des skinheads, provenant des rangs de la manifestation annuelle du Front national en l'honneur de Jeanne d’Arc, se ruent sur un homme de 29 ans qui marche le long des berges de la Seine. Brahim Bouarram est jeté à l'eau. A cet endroit, le courant est puissant. Brahim Bouarram coule et se noie. Son assassin sera condamné à huit ans de prison.

Ce lundi, 22 ans après, plusieurs associations, parmi lesquelles MRAP, LDH, Gisti, et des politiques, Emmanuel Macron, Anne Hidalgo, Bernard Delanoë, de représentants de l’ambassadeur du Maroc ont déposé une gerbe devant la plaque commémorative, située quai François Mitterrand, en la mémoire de Brahim Bouarram après avoir respecté une minute de silence en présence de son fils Saïd.

Une cérémonie qui a une résonance particulière cette année

Le 3 mai 1995, ils étaient des milliers à manifester, refaisant le trajet emprunté deux jours plus tôt par les militants Front National, puis rejoignant la Seine quelques mètres plus loin. En tête du cortège il y avait Nasser Ferradj, vice-président de Sos Racisme : "C’était un moment fort, émouvant où il n’y avait plus de division entre droite et gauche. Où les opinions de tous étaient mises de côté, on était tous là pour rendre hommage à cette mort injuste. Plus personne ne pouvait se dire que le FN était un parti comme les autres."

Sur la berge, François Mitterrand jette un bouquet de muguet dans la Seine : "Ce crime je le ressens comme une grande souffrance. J’ai simplement voulu témoigner par quelques fleurs pour simplifier la peine."

Plus tôt en 1995, des sympathisants Front National avait déjà tué deux personnes au Havre et à Marseille. Des violences qui n'ont plus court aujourd'hui mais pour Dominique Sopo, président de Sos Racisme, le FN n'a pas fait disparaître de ses rangs ces franges les plus extrêmes : "Le Front national fait en sorte que ces gens ne soient plus visibles. Il y a une stratégie de lissage d’image et une volonté de tenir les troupes au maximum, mais mécaniquement l’extrême droite, lorsqu’elle progresse ne peut que provoquer un regain de violence."

En 1995, la mort de Brahim Bouarram avait bouleversé la fin de campagne présidentielle.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.