Palais de justice de Melun
Palais de justice de Melun © Radio France / Corinne Audouin

30 ans de prison pour le père, et 12 ans pour la mère de Bastien. Ce sont les peines prononcées hier soir par la cour d'assises de Melun, au terme de quatre jours d'audience éprouvants. Christophe Champenois est reconnu coupable du meurtre de son fils de 3 ans, qu'il avait mis dans la machine à laver; Charlène Cotte est condamnée pour complicité.

Les jurés n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé la perpétuité pour le père, et l'acquittement de la mère pour la complicité, demandant toutefois 5 ans de prison pour violences. Le parquet estimait que la complicité, qui exige une participation active au crime, n'était pas établie. "Mon fils, je l'ai aimé, je n'ai pas voulu sa mort", avait pourtant assuré Charlène Cotte avant que la cour ne se retire pour délibérer. Sortie de prison il y a 9 mois, elle y est retournée dès hier soir. Charlène Cotte n'a pas réussi à convaincre, dans le rôle de la mère éplorée, victime d'un compagnon violent. En la condamnant pour complicité, la cour d'assises a estimé que ce sont bien ses deux parents qui ont tué Bastien. Lui, en enfermant l'enfant dans la machine à laver. Elle, en ne faisant rien pour l'en empêcher, attisant même sa colère en lui rapportant les bêtises de son fils à l'école. Cette double condamnation, c'est ce qu'attendaient les associations parties civiles.

Rodolphe Costantino est l'avocat d'Enfance et partage :

Cette condamnation correspond à ce que nous avons toujours dit. Christophe Champenois et Charlène Cotte sont les deux faces d'une même médaille, ils étaient deux pour tuer Bastien. Les mères sont le dernier rempart des enfants contre les pères violents.

L'enjeu était différent pour Christophe Champenois, qui a assumé au cours des débats la responsabilité de la mort de Bastien, tout en répétant qu'il ne se souvenait pas des faits. Un mécanisme d'occultation "possible", ont dit les experts psychiatres. Lui qui s'attendait à une très lourde peine échappe à la perpétuité.

Un verdict salué par son avocat, Jean-Christophe Ramadier :

Trente ans, compte tenu des faits qui lui étaient reprochés, c'est une peine juste. Ce verdict, c'est une base pour commencer son travail de reconstruction.

L'une fera sans doute appel, l'autre pas. La cour les a également condamnés à la déchéance de leurs droits parentaux sur leur fille, âgée aujourd'hui de 9 ans.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.