La piste criminelle est privilégiée dans l'enquête sur l'incendie qui a fait dix morts et une trentaine de blessés dans la nuit de lundi à mardi, dans le 16e arrondissement de Paris. Une femme souffrant de troubles psychiatriques et habitant l'immeuble a été interpellée, puis transférée en infirmerie psychiatrique.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie est dû à plusieurs départs de feu  au 2e, 7e et 8e étages de l'immeuble
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie est dû à plusieurs départs de feu au 2e, 7e et 8e étages de l'immeuble © AFP / Bspp - Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris / Benoît Moser

Les enquêteurs tentent de comprendre le rôle qu'a pu jouer une femme souffrant de troubles psychiatriques et habitant l'immeuble, dans l'incendie qui a causé l'un des bilans les plus meurtriers de la capitale.  

Cette femme, âgée de 40 ans, a été interpellée dans la nuit de lundi à mardi, à proximité des lieux, en état d'ébriété, alors qu'elle venait d'essayer de mettre le feu à un véhicule et à une poubelle. Elle a d'abord été placée en garde à vue, avant d'être transférée au sein de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.  

14 hospitalisations en psychiatrie

Ces dernières années, cette femme avait fait 14 séjours en hôpital psychiatrique. En janvier, elle avait fait un nouveau passage à Sainte-Anne. En tout, elle a passé près de cinq ans en psychiatrie, placée à la demande de sa famille. Selon nos informations, ce n'est pas sur décision judiciaire qu'elle est sortie fin janvier. Rappelons que dans les cas d'hospitalisation sous contrainte, un juge des libertés et de la détention est obligatoirement saisi au bout de 12 jours. Dans la très grande majorité des cas, les juges suivent l'avis des médecins. 

Dans le cas d'une hospitalisation à la demande d'un tiers, les médecins peuvent décider d'y mettre fin à tout moment. 

Elle avait été mise en cause dans trois procédures

La suspecte avait été mise en cause en 2016, pour vol précédé de dégradations, en l'occurrence un départ de feu dans un magasin; et la même année, pour des violences légères. Les deux procédures avaient été classées sans suite pour "état mental déficient" : cette femme ne pouvait pas être considérée comme responsable de ses actes, en raison de ses troubles mentaux.

Elle fait l'objet d'une nouvelle procédure en 2017 pour violences conjugales, classé sans suite cette fois pour "infraction insuffisamment caractérisée".

Pouvait-on anticiper un possible passage à l'acte? Son suivi psychiatrique était il suffisant? Quel rôle ont pu jouer l'alcool et les médicaments? Ce sont les questions qui se posent aujourd'hui. Les policiers appelés pour tapage nocturne, qui l'ont vue peu de temps avant l'incendie, ont décrit une femme confuse, mais calme.

Des traces de produit inflammables retrouvées 

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'incendie est dû à plusieurs départs de feu au sein de l'immeuble, au 2e, 7e et 8e étages.  

L'une des voisines de la suspecte a fait état du conflit de voisinage qui existait entre cette femme et un pompier qui résidait lui aussi dans l'immeuble. 

Appelés par ce pompier, les policiers sont intervenus pour tapage nocturne, entre minuit et minuit et demi et sont repartis. 

Quelques minutes après l'incendie se déclarait. Les pompiers ont reçu le premier appel à 0h37 mardi. 

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