L'ancien garde des Sceaux et ses deux filles Véronique et Delphine ont été entendus par Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales

Michel Mercier est visé par une enquête préliminaire du parquet national financier sur les conditions d'emploi de ses deux filles
Michel Mercier est visé par une enquête préliminaire du parquet national financier sur les conditions d'emploi de ses deux filles © AFP / Kenzo TRIBOUILLARD

Les choses n'ont pas trainé. La date de cette audition avait été fixée avant que Michel Mercier ne renonce finalement mardi à siéger au Conseil constitutionnel.

Entendu pendant plus de cinq heures, par les policiers de l'office anticorruption de Nanterre, dans le cadre de l'enquête du parquet national financier sur des soupçons d'emplois fictifs, le sénateur du Rhône s'est expliqué sur les conditions d'embauche de ses deux filles : Véronique, entre 2003 et 2012 et Delphine, entre 2012 et 2014.

Les deux jeunes femmes ont été également entendues, en même temps que leur père, séparément bien sûr.

C'est surtout le cas de Delphine Mercier qui pose question. La jeune femme a été embauchée pendant 23 mois au Sénat, à mi-temps, pour travailler sur les dossiers culturels, alors qu'elle habitait à Londres.

Dans une atmosphère décrite comme tout à fait civile, selon une source proche de l'enquête, le sénateur a fourni des éléments sur les travaux fournis par sa fille et notamment son emploi du temps, démontrant qu'elle se rendait fréquemment à Paris.

Les investigations vont se poursuivre, sans pression depuis que le sénateur a renoncé au Conseil constitutionnel, estimant ne pas pouvoir y "siéger avec la sérénité nécessaire" au vu de l'enquête en cours. Michel Mercier avait également annoncé qu'il allait déposer l’équivalent des salaires perçus par sa fille Delphine, soit environ 40.000 euros, sur un compte bloqué.

La nomination de Michel Mercier au Conseil constitutionnel, en remplacement de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, avait été publiée jeudi 3 août au Journal officiel. La veille, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet national financier (PNF) pour un éventuel détournement de fonds publics, après les révélations du Canard enchaîné.

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