Il y a sans doute peu de situations de la vraie vie qui ressemblent autant à du théâtre qu'un procès d'assises. Il faut dire que tous les éléments sont souvent réunis : costumes, ton des plaidoiries et ce qu'il faut de suspense et de tragique pour tenir le public en haleine. Presque du théâtre, donc. Sauf que les douleurs des victimes sont bien réelles, les peines de prison encourues véritables et l'angoisse des familles loin d'être simulées.

Mais cette fois, c'est de l'inverse qu'il s'agit. Dans Intime Conviction, Arte a décidé de faire d'un procès d'assises une fiction, tourné en cinq jours dans la salle d'assises de Tours, comme un vrai procès en somme. Sans script, sans storyboard, sans reprises de scène. Entre les mains des intervenants : le dossier judiciaire, point.

Intime conviction: salle d'audience
Intime conviction: salle d'audience © Capture d'écran

Un projet web innovant

Ce projet se décline en deux versions : l'une télé - diffusée ce soir sur Arte, et l'autre web où vous êtes plongés dans la peau d'un juré d'assises et où vous assistez aux débats de l'audience, accéder aux pièces du dossier mais aussi à la salle du délibéré.

Le choix de flirter entre réalité et fiction: reportage de Charlotte Piret

600 000 euros ont été investis dans ce dispositif particulièrement innovant.

Professionnels et acteurs: qui joue quoi?

Si les témoins et l'accusé, interprété par Philippe Torreton, sont effectivement des acteurs; les avocats, magistrats et jurés sont de vrais professionnels du droit.

Même chose pour les journalistes qui couvrent l'audience: en l'occurence, Jean-Philippe Deniau de France Inter a suivi le tournage.

On se croyait dans un "vrai procès". Parfois, en entendant "coupez" aux suspensions d'audience, on était surpris.

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Et le projet lui a semblé d'autant plus intéressant qu'il permet de remettre en perspective la réalité d'un procès d'assises:

Le projet m'a semblé très intéressant parce qu'on touche au point de jonction entre fiction et réalité. Parfois, on ne sais plus quels sont les acteurs et quels sont les professionnels. Qui joue un rôle ou pas. C'est très troublant. Et surtout, ça remet en perspective les comportements d'un accusé ou d'un témoin dans un vrai procès.

De la réalité à la fiction

Jean-Louis Muller et Eric Dupont-Moretti
Jean-Louis Muller et Eric Dupont-Moretti © Martin Ferrer / Martin Ferrer

L'affaire, elle, ne vous semblera peut-être pas inconnue. Et pour cause, si les noms des protagonistes et les lieux sont différents, le dossier lui est très largement inspiré de l'affaire Jean-Louis Muller, condamné à deux reprises et finalement acquitté du meurtre de sa femme dans la région de Strasbourg.

► ► ► ALLER PLUS LOIN |L'affaire Muller sur France Inter

Le projet est d'ailleurs si proche de l'affaire Muller que l'intéressé a poursuivi la chaîne Arte. Le 23 février, le tribunal de Paris, saisi en référé, a adécidé dela suspension immédiate du projet, sous peine d'une astreinte de 50 000 euros.

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