La scène est édifiante. Racontée par Jean-Victor, aîné des petits-fils de Liliane Bettencourt, qui s’est avancé à la barre.

« Un jour je vais la voir à l’hôpital américain de Neuilly, elle était souriante dans son lit. Je lui demande comment elle va. Elle me répond : « très bien, j’ai bien fait d’acheter cet immeuble, la vue est très bien » ».

S’ensuit une longue liste d’événements du même ordre, tous racontés par le jeune homme de 28 ans, le seul membre de la famille Meyers qui ait gardé contact avec sa grand-mère tout au long des années.

« A partir de 2006, elle était très confuse, elle me demandait à quelle heure arrivait la voiture alors qu’on était déjà chez elle. » Ou encore, le jour de l’enterrement de son mari, alors qu’elle s’installe dans la voiture, elle demande à son petit-fils : « alors où est-ce que tu m’emmènes ? » Arrivée dans l’église, elle demande « qu’est-ce qu’on fait ici ? ».

Bref, elle déraille. « Oui, on peut dire qu’elle déraille », assène Jean-Victor.

« Elle déraillait tout le temps ? » demande le procureur

« Il y a des moments dans la journée où elle peut être un peu mieux moins fatiguée, par exemple le matin. Mais au lieu de faire dix confusions, elle en fait quatre. »

« Un récit violent », remarque une avocate de la défense. « Ce n’est pas très agréable de donner cette image de ma grand-mère », explique Jean-Victor. « Mais je pense que c’est important », complète-t-il.

Sur ce point au moins, toutes les parties seront d’accord avec lui, la santé mentale de Liliane Bettencourt étant au cœur de ce procès.

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