Le 21 août 2015, Ayoub El-Khazzani montait à bord du Thalys. Armé d'une kalachnikov, il tentait de s'en prendre aux passagers avant d'être arrêté. Le dossier est en cours d'instruction depuis bientôt trois ans, mais pour la première et unique fois, l'homme s'est exprimé sur ce qui s'est passé dans le train.

Le 21 août 2015, le Marocain Ayoub El Khazzani avait ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris peu après son entrée en France
Le 21 août 2015, le Marocain Ayoub El Khazzani avait ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris peu après son entrée en France © Maxppp / La Voix du Nord / Pascal Bonnière

C'est extrêmement rare dans les dossiers de terrorisme, qu'un auteur s'explique sur les faits et ce qu'il a pensé à ce moment-là.  C'est rare - la plupart des terroristes meurent dans les attaques qu'il perpétuent, d'autres refusent de s'exprimer devant les juges -,  mais c'est le cas dans le dossier de l'attentat du Thalys.  

Le 21 août 2015, Ayoub El-Khazzani monte à bord du train Thalys 9364 à la gare bruxelloise du Midi. Armé d'une kalachnikov, d'un cutter, d'une arme de poing et de munitions, il tente de s'en prendre aux passagers avant d'être arrêté.  

Le dossier est en cours d'instruction depuis bientôt trois ans, mais pour la première et unique fois, Ayoub El Khazzani s'est exprimé sur ce qui s'est passé dans le train, selon lui. C'était le 23 novembre dernier, lors d'un interrogatoire devant le juge d'instruction que France Inter a pu consulter. Le Marocain de 28 ans, a alors expliqué : "personnellement, j'ai pas pu tuer. J'avais deux armes avec moi. Intérieurement, j'étais détruit psychiquement, mais à la dernière minute, je n'ai pas pu"

"Je devais attaquer des Américains"

Avant de monter dans ce train, Ayoub El-Khazzani s'est rendu en Syrie, y a rencontré Abdelhamid Abaaoud, le coordonnateur des attentats du 13 novembre et donneur d'ordre de l'attaque du Thalys. Car c'est lui qui aurait piloté le Marocain de deux ans son aîné. Les deux hommes parcourent ensemble le chemin qui les ramènent vers l'Europe. Ils logent dans la même planque à Bruxelles. Puis, un jour, ce mois d'août 2015, Abdelhamid Abaaoud transmet les ordres de Daech. "Il m'a dit que la cible était le Thalys où je devais attaquer des Américains" explique le djihadiste (lors d'un interrogatoire de décembre 2016). Qui suit alors les consignes : acheter un billet pour le train de 17 heures, monter dans la rame 12. Là, "je me suis dirigé vers les Américains", raconte-t-il. "A un moment, un Américain, un grand, m'a fixé, il était loin de moi. Je l'ai vu de face et je n'ai pas pu le tuer".  

Ayoub El-Khazzani qui explique aussi avoir refusé la ceinture d'explosifs que lui proposait son donneur d'ordres. "J'étais contre le fait de massacrer des gens" dit-il au juge. Tout en ajoutant : "en garde à vue, très honnêtement, j'ai regretté de ne pas avoir tué, après avoir vu tout ce qui se passe en Syrie".

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