Jean-Marie Bockel et Michèle Alliot Marie
Jean-Marie Bockel et Michèle Alliot Marie © MAXPPP/Christophe Petit Tesson

On l’avait presque oublié, mais Jean-Marie Bockel a passé près de 17 mois dans une aile du Ministère de la Justice en tant que Secrétaire d’Etat sans aucune attribution particulière. Le sénateur alsacien a ainsi fait partie de l’équipe d’ouverture que le président Nicolas Sarkozy avait voulu installer au sein du deuxième gouvernement de François Fillon, contre l’avis de la Ministre de la Justice Michèle Alliot Marie.

Le désaccord entre les deux locataires de l’Hôtel de Bourvallais Place Vendôme n’a jamais été un secret puisque l’un et l’autre s’en sont fait largement l’écho dès leur entrée en fonction. Mais dans un livre* bilan qu’il signe aujourd’hui, Jean-Marie Bockel ne se contente pas de critiquer sa ministre de tutelle de l’époque, il la pulvérise.

Dès le jour de leur nomination, il évoque les « jacasseries de la Basque bondissante (ou, dans son cas, plus exactement trépignante) » qui lui valurent de ne pas décrocher le titre de secrétaire d’Etat aux prisons. « MAM est surtout une politicienne bien ordinaire, rigide et formatée, attachée aux apparences, une fausse valeur de droite dont l’image est factice et la compétence suffisante » poursuit-il. Déjà auparavant, au Ministère de la Défense, « avec son caractère psychorigide », elle avait « su jouer de son intelligence moyenne, aidée par la chance » pour se faire nommer à ce poste. Mais heureusement, à la Justice, Jean-Marie Bockel est là pour « tout transformer en or ce que la ministre » lui « donne de plomb. »

Et il raconte comment il a sillonné la France pour expliquer aux magistrats la réforme de la carte judiciaire « menée à la hache par Rachida Dati », tenté de développer le concept de prison ouverte qui « s’est heurté à l’immobilisme » de sa ministre de tutelle, « rejetant a priori toute idée venant de son secrétaire d’Etat. » Enfin, il évoque la mission que Nicolas Sarkozy lui a confiée pour faire de la prévention de la délinquance « une vraie priorité. J’ai naturellement accepté, je l’ai regretté ensuite » puisqu’à peine rendu, le rapport termina aussitôt « dans un placard où beaucoup de poussière a dû s’accumuler depuis. »

Jean-Marie Bockel ne se contente pas de déverser son amertume sur l’ancienne majorité (il a aujourd’hui rejoint l’UDI), même s’il souligne qu’il « aurait dû devenir garde de Sceaux après le départ de Rachida Dati », il ne porte guère plus d’estime pour celle qui gère le portefeuille aujourd’hui : « Taubira se contente de caresser les magistrats dans le sens du poil, rien d’autre. C’est dommage pour la France » tranche–t-il.

  • « Trajectoire plurielle, Ministre de Mitterrand et de Sarkozy », Editions Alpharès, (sortie le 14 janvier)
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