Les filles de Jacqueline Sauvage demandent la grâce présidentielle pour leur mère.
Les filles de Jacqueline Sauvage demandent la grâce présidentielle pour leur mère. © MaxPPP

Le président de la République dira dans les prochains jours s'il gracie Jacqueline Sauvage. Il a reçu ce vendredi la famille et les avocates de cette femme de 66 ans, condamnée à dix ans de prison après le meurtre de son mari, époux violent et père incestueux.

Sylvie, Carole et Fabienne Marot, qui réclament une grâce présidentielle pour leur mère, ont rencontré le chef de l'Etat pendant une heure, avec les avocates de Jacqueline Sauvage, maîtres Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Ces dernières avaient émis "l'espoir qu'il s'agisse d'un premier pas vers la grâce présidentielle". A l'issue de l'entretien, l'entourage de François Hollande a indiqué que celui-ci se donnerait "le temps de la réflexion avant de prendre sa décision".

"Nous ne pouvons que nous réjouir de cette première démarche", avaient déclaré les avocates avant la rencontre, estimant que le chef de l'Etat "démontrait ainsi qu'il est non seulement à notre écoute, à l'écoute de Jacqueline Sauvage, mais aussi à l'écoute des Françaises et Français (anonymes, artistes, politiques) qui se sont manifestés massivement pour soutenir la demande de grâce présidentielle déposée (...) le 23 décembre".

Karine Plassard est militante féministe, elle est à l'origine de la première pétition lancée après la condamnation de Jacqueline Sauvage, le 3 décembre dernier. Elle demande à François Hollande de "prendre en compte le contexte particulier des faits, où la justice n'a pas fait preuve d'humanité. " Pour Karine Plassard, Jacqueline Sauvage "n'est pas une tueuse, elle n'a pas tué [son mari] de sang-froid" . "Elle a payé sa dette à la société", ajoute la militante, "je pense qu'elle a le droit de vivre une vie à peu près normale."

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Parmi les autres membres de la société civile mobilisés, il y a Véronique Guégano, 40 ans, commerciale à Paris. Elle ne connait pas Jacqueline Sauvage et a découvert son histoire dans les médias. Elle a ensuite décidé de lancer une mobilisation sur Facebook en décembre dernier en demandant la remise en liberté de Jacqueline Sauvage, "une femme qui a trop souffert" selon elle.

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Circonstances exceptionnelles

Le 3 décembre dernier, la cour d'assises du Loir-et-Cher a confirmé en appel la condamnation à 10 ans de réclusion de cette mère de famille. Jacqueline Sauvage a été reconnue coupable du meurtre de son mari. Elle l’a abattu de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans de ce qu’elle a décrit au cours du procès comme un enfer conjugal.

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Le chef de l'État a rappelé mardi que des "circonstances exceptionnelles" étaient nécessaires pour justifier une grâce présidentielle. Son comité de soutien réclame sa "libération immédiate".

De nombreuses personnalités de tous bords politiques, parmi lesquelles la maire PS de Paris Anne Hidalgo, l'ex-eurodéputé et leader écologiste Daniel Cohn-Bendit, le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), la député Les Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet, et le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde soutiennent Jacqueline Sauvage.

Pas favorable à la grâce présidentielle

François Hollande n'est pas favorable à la grâce présidentielle. Le chef de l’Etat ne l’a exercée "qu'une fois en permettant une libération conditionnelle sans éteindre la peine" pour le plus ancien détenu de France, Philippe El Shennawy, libéré en janvier 2014. François Hollande estime que le principe même de la grâce présidentielle rappelle "quand même une autre conception du pouvoir".

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