Flashball
Flashball © MaxPPP/Le progrès/Yves Salvat

Le Défenseur des droits attaque le controversé pistolet "non létal" sur deux fronts : dans une longue décision où il recommande notamment son interdiction dans un contexte de manifestation, et via une enquête sur les blessures graves d'un jeune de 14 ans.

Les recommandations de Jacques Toubon sont sans appel : selon lui, l'utilisation de trois armes de force intermédiaire (le flash-ball "Superpro", le pistolet à impulsions électriques "Taser X26", et le lanceur de balles de défense "40/46") n'est pas suffisamment encadrée, et dans certains cas elle devrait même être tout simplement interdite . Il assure également que "la formation continue à l’usage de ces trois armes reste insuffisante".

Trop imprécis, trop dangereux

Plus spécifiquement, il juge le flash-ball trop imprécis, et recommande "l'encadrement du recours à cette arme lors de contrôles d'identité", "l'adoption d'un moratoire général sur son usage ", et même "l'interdiction de l'usage de cette arme dans un contexte de manifestations, au vu de son imprécision, comme de la gravité des lésions pouvant découler de son usage" .

► ► ► DOCUMENT | Lire l'intégralité des recommandations du Défenseur des droits

Le Défenseur des droits a également décidé de se saisir d'office du cas d'un jeune homme de 14 ans , "blessé par un tir de flash-ball au niveau des testicules dans la nuit du 13 au 14 juillet 2015 à Argenteuil", évoquant dans sa décision l'ensemble des recommandations sur l'utilisation du flash-ball.

Coïncidence tragique : au moment même où j'ai publié ma recommandation, un jeune homme de 14 ans a été blessé dans ces conditions par un tir de flash-ball.

Cette arme est dangereuse. On ne doit plus du tout l'utiliser dans le cadre d'opérations de maintien de l'ordre, et c'est la proposition que nous avons faite au ministre de l'Intérieur.

La victime, blessé et hospitalisé, a déjà porté plainte jeudi dernier auprès de l'Inspection générale de la police nationale. Il assure qu'il a été attaqué par "des policiers poursuivant un autre groupe de jeunes qui leur jetaient des mortiers" alors qu'il sortait de la mosquée d'Argenteuil, vers 2h du matin. L'un des policiers lui auraient ensuite tiré dessus. Une enquête est en cours pour identifier et auditionner les fonctionnaires concernés.

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