Jacques Vergès
Jacques Vergès © MaxPPP/Frédéric Douchet

L'avocat Jacques Vergès est mort jeudi à l'âge de 88 ans. Adepte de la "défense de rupture", cet ancien résistant, anticolonialiste convaincu, avait notamment défendu le dignitaire nazi Klaus Barbie lors de son procès à Lyon en 1987, mais aussi certains des accusés les plus célèbres du XXe siècle

Un documentaire de Barbet Schroeder l'avait dépeint en 2007 en "Avocat de la terreur" .

La vie de ce "salaud lumineux" selon ses propres mots, avec Mélanie Delaunay

Défense de "rupture"

Jacques Vergès était redouté par sa "défense de rupture", consistant à se servir du tribunal comme d'un porte-voix et qu'il avait adoptée pendant la guerre d'Algérie en plaidant pour des militants du FLN.

Corinne Audouin

Un très grand talent oratoire mais au delà une totale indépendance et un courage exceptionnel

A l'annonce de son décès les hommages ont été nombreux, ses confrères parlant d'un homme "courageux, libre, qui ne trichait pas avec la vérité" selon les mots de Maître Christian Charrière-Bournazel, ancien bâtonnier du barreau de Paris.

Tout son combat c’était de démontrer les mensonges d’état

Me Isabelle Coutant-Peyre, associée de Jacques Vergès et avocate de Carlos cosidère que l'avocat avait une capacité extraordinaire à dire la vérité

Me Isabelle Coutant-Peyre sur LCI

Pour Me Gilbert Collard, qui avait plaidé face à lui lors du procès Barbie, "les avocats rebelles sont de moins en moins nombreux aujourd’hui"

On dira qu’il défendait des gens indéfendables mais il est extrêmement respectable pour l’avoir fait

Me Georges Kiejman regrette la disparition d'un "homme exceptionnel, un géant".

Un personnage extrêmement romanesque qu’on ne peut pas réduire à sa carrière d’avocat.

Me George Kiejman salue le grand combattants au micro de Mélanie Delaunay

Né en 1925 d'un père, réunionnais et consul de France en Thaïlande et d'une mère vietnamienne,il s'engage dans la résistance en 1942. il a 17 ans . Il se bat notamment en Italie au sein des Forces Française Libres, puis en France avec le grade de sous-officier.

Membre du Parti communiste de 1945 à 1957, il passe quelques années à Prague à l’époque où la Tchécoslovaquie est l’une des dictatures les plus dure. A son retour, il devient avocat en 1955.

Ses premières plaidoiries, Jacques Verges les fait en Algérie alors qu'il milite au FLN. Il défend notamment celle qui deviendra sa femme : Djamila Bouhired. Il prendra la nationalité algérienne en 62 et sera même chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères.

Sa légende s'est nourrie également de sa disparition entre 1970 et 1978. L'avocat a toujours entretenu le mystère sur cet épisode et personne ne connait les raisons de son départ ni le lieu où il s'est terré durant huit ans.

Celui qui disait "J'aurais défendu Hitler" a défendu les "indéfendables" les plus célèbres : Klaus Barbie lors de son procès à Lyon, en 1987.

Mais aussi les activistes libanais Georges Ibrahim Abdallah et Anis Naccache. Le terroriste Carlos et sa compagne Magdalena Kopp ; des membres d’Action Directe, le dirigeant des khmer rouge Khieu Samphân, le dictateur yougoslave Slobodan Milosevic et plusieurs présidents africains dont Laurent Gbagbo.

Jacques Verges avait aussi plaide pour la fameuse Simone Weber ou pour le jardinier Omar Raddad en 1994.

Jacques Vergès est décédé en début de soirée chez des amis, dans la chambre même de Voltaire.

Celui qui avait des "mérites oratoires exceptionnels" a porté son éloquence sur les planches. En 2008. Jacques Vergès a joué au théâtre Serial plaideur , la pièce qu'il a lui même écrit.

Il y a quelques mois l'avocat a publié De mon propre aveu , son autobiographie aux éditions Pierre-Guillaume de Roux

Verges IDE
Verges IDE © Radio France
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