Au deuxième jour de son procès en appel, Jawad Bendaoud, qui avait été relaxé en première instance pour recel de malfaiteurs terroristes, a été confronté à son premier interrogatoire. Un interrogatoire lors duquel il a laissé exploser sa colère.

Jawad Bendaoud : "Je suis pas un menteur, monsieur le juge !"
Jawad Bendaoud : "Je suis pas un menteur, monsieur le juge !" © AFP / JACQUES DEMARTHON

Au cours de cette audience, Jawad Bendaouda répété qu'il ne savait pas qu'il hébergeait des terroristes du 13 novembre. Dans  son survêtement rouge à capuche, il répète souvent : "je  suis formel, monsieur le juge. A aucun moment, je me suis  dit que j'allais héberger des gens qui avaient tué plus de cent  personnes. La location du squat, véridique, elle s'est faite en quelques  minutes de vrai blabla. Moi, je voulais mes 150 euros, je suis pas  entré dans les détails. Ces frères, je me suis dit que  c'était peut-être des voleurs, mais pas des terroristes". Le président  s'étonne. Comment, après les attentats du 13 novembre, Jawad Bendaoud  a-t-il pu ignorer que des terroristes étaient en cavale, à la recherche  d'une planque ? 

Jawad Bendaoud : "y avait des trucs louches, mais j'ai pas tilté"

"Ce qui me rend fou, c'est que les gens croient que j'ai fait monter Daech chez moi. Y avait plein de signes, si je les avais assemblés, si je m'étais posé trois minutes, je me serais dit qu'il y avait des trucs  louches, mais j'ai pas tilté", répond le trafiquant de cocaïne, face au président tâtillon qui le reprend systématiquement, à chaque réponse  hâtive, à chaque contradiction. "Votre vérité change", lui dit le président, notant la moindre contradiction depuis la garde à vue. 

"Oh, monsieur le juge, vous faites quoi, là ?"

Poussé dans ses retranchements, coupé dans ses réponses, soudain,  Bendaoud explose, tape du poing sur le pupitre face à la barre : "vous me  lancez des petites phrases depuis tout à l'heure, je dis rien, mais à un  moment ça va péter ! Oh, monsieur le juge, vous faites quoi là ? Mettez-moi six ans,  j'ai plus rien à perdre" Bendaoud est rouge de colère. Des gendarmes s'approchent de lui. Son avocat, Xavier Nogueras, réussit, seul, à le calmer. L'audience reprend quelques minutes plus tard. Bendaoud a la voix étranglée. 

"Quand vous voyez Abaaoud chez vous (un des cerveaux des attentats du 13 novembre), est-ce que vous le reconnaissez ?", demande le président. "Non", répond Jawad Bendaoud, qui poursuit : "je suis en train d'écrire un bouquin, je vais pas vous raconter des salades." 

"Je vais peut-être tourner dans une série. Jouer un rôle de trafiquants de stupéfiants"

Le président enchaîne : "vous avez quel âge ?" "32 ans." "Vous habitez où ?" "Rue du Corbillon, là où il y a eu l'assaut du RAID." "Et actuellement, quels sont vos moyens d'existence ? Vous êtes en recherche d'emploi ?" "Ben non, c'est foutu. Je fais des publicités sur Snapchat, c'est ça qui me rapporte. Et je vais peut-être tourner dans une série. Je vais jouer un rôle de logeur de trafiquants de stupéfiants", explique Jawad Bendaoud à la cour. Qui poursuivra son interrogatoire ce jeudi à 13h30.

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