Le procès de Jawad Bendaoud et deux coprévenus s'ouvre aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Soupçonné d'avoir hébergé en connaissance de cause deux djihadistes des attentats du 13 novembre, il encourt six ans de prison.

Jawad Bendaoud
Jawad Bendaoud © AFP / BFMTV

Nous sommes le 18 novembre 2015.  La France, hébétée par les attentats, panse ses plaies, sans parvenir encore à sécher ses larmes.  Au petit matin, le Raid lance l'assaut dans un immeuble de la rue du Corbillon à Saint-Denis. Soudainement, un homme, lunettes rectangulaires et cheveux gominés se jette devant les caméras de BFM TV.  Et lance ces phrases qui depuis ont fait le tour du web : "_j'étais pas au courant que c'était des terroristes, on m'a dit de rendre service, j'ai rendu service_". 

Jawad Bendaoud fait rire après l'effroi et devient, en quelques secondes, le bouffon national, "le singe en cage auquel on lance des cacahuètes", déplore son avocat, Me Xavier Nogueras.  En guise de cage : la prison, sous conditions de sécurité renforcée depuis plus de deux ans maintenant.  "J_e veux sortir de l'isolement, je vais péter un plomb_", hurle le trentenaire en boucle et en lettres capitales dans ses courriers aux juges d'instruction.  

La prison qu'il connaît bien : plus de sept ans de détention au total pour vols, transport d'armes, trafic de stupéfiants ... mais aussi le meurtre de son meilleur ami. C'était en 2006,  dans cette même rue du Corbillon. 

Car Jawad Bendaoud a toujours vécu dans le coin : un BEP de comptabilité arrêté en cours de route. Trois enfants. Le RSA, les petits trafics. Et ce deux-pièces qu'il s'approprie - quelques travaux, deux matelas entassés, une télé ramenée de chez ses parents - : c'est là qu'il héberge, contre 150 euros, deux djihadistes du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud et son complice de la tuerie des terrasses Chakib Akrouh.  

Mais il jure n'avoir rien su, rien cautionné surtout. D'ailleurs, la religion, très peu pour lui raconte-t-il aux enquêteurs quelques heures après son arrestation : "_j'ai essayé deux jours et j'ai arrêté. Moi je fume des joints, je baise deux nanas par jour. Pas le temps de faire la prière_".   A l'époque Jawad Bendaoud fanfaronnait. Aujourd'hui, son procès s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris. Jugé pour recel de malfaiteurs (en état de récidive légale), il encourt 6 ans de prison.

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