Cette première semaine d'un nouveau procès de Francis Heaulme aura été éprouvante. On a tenté d'y cerner un peu mieux la personnalité du tueur en série le plus célèbre de France.

Francis Heaulme a refusé d'être pris en photo lors de ce nouveau procès
Francis Heaulme a refusé d'être pris en photo lors de ce nouveau procès © Maxppp / Alexandre Marchi

Après le témoignage mouvementé de Patrick Dils, la cour d’assises de Moselle a commencé à explorer la personnalité de Francis Heaulme. Ses proches, mais aussi un expert psychologue sont venus témoigner à la barre. Car l’accusé en personne a beaucoup de mal à parler de lui...

"Je m’appelle Francis Heaulme, j’ai 58 ans, ça fait 25 ans que je suis en prison, et je n’ai plus rien à dire."

Le ton est monocorde et sans appel. Si l’on approche trop près du récit de ses crimes, il se fâche, menace de se taire. Christine Heaulme, sa sœur, la seule à garder le contact avec lui, tente d’expliquer. "Francis, c’est une personne compliquée, qui se met toujours dans les mauvaises situations."Les témoins défilent, décrivent un père brutal et humiliant, en gestes et surtout en paroles."Il l’appelait le zinzin, le taré", raconte sa cousine. "Quand mon père frappait ma mère, Francis s’interposait", raconte sa sœur. Le psychologue Loïc Villebru parle de figure paternelle terrorisante, qui hante toute sa personnalité. L’anxiété, les pulsions, les auto-mutilations marquent sa jeunesse.

À la mort de sa mère, il sombre dans l’alcool et les errances, son premier meurtre a lieu trois semaines plus tard."Il est dans la répétition du passé qui insiste", explique le psychologue. Ses passages à l’acte sont toujours entraînés par des situations où il se sent humilié, rejeté. De ses petits yeux froids, Francis Heaulme écoute avec attention, impassible la plupart du temps. Comme étranger à cette plongée dans sa personnalité, que la cour d’assises tente de cerner.

Ce vendredi, la cour d’assises termine l’audition des proches et anciens collègues de Francis Heaulme, avant d’aborder les faits la semaine prochaine. Le procès se tient jusqu'au 18 mai.

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