Le domicile du leader de la France insoumise, ceux d’autres responsables ainsi que le siège du mouvement ont été perquisitionnés lundi. Jean-Luc Mélenchon a filmé en direct la venue des policiers et a dénoncé "une énorme opération de police politique".

Jean-Luc Mélenchon pendant la sécance des questions au gouverenment à l'Assemblée nationale, le 16 octobre 2018.
Jean-Luc Mélenchon pendant la sécance des questions au gouverenment à l'Assemblée nationale, le 16 octobre 2018. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Jean-Luc Mélenchon a partagé d’une manière inédite sa colère toute la journée de mardi sur les réseaux sociaux. Le leader de la France insoumise s’est filmé pendant la perquisition de son appartement, puis pendant celle du siège de son mouvement. Au total, les policiers ont perquisitionné une quinzaine de domiciles de responsables et de siège sociaux de la France insoumise et du Parti de gauche.

"S’il vous plait, dites partout que ceci est évidemment un acte politique"

Cette vidéo montre pourtant les conditions de calme et de sérénité dans lesquelles se déroule cette perquisition. Un appartement impeccable lorsque les usages sont plutôt ceux de tiroirs renversés, meubles vidés, voire de portes défoncée.

Jean-Luc Mélenchon dénonce une série. Il s'agit à ce moment-là d'une quinzaine de perquisitions simultanées. L'ampleur de l'opération est en effet peu commune. Sa nature, en revanche, l’est beaucoup moins, y compris au domicile d'un élu ou représentant politique. Jean-Marie Le Pen, Claude Guéant, Jean-François Copé l'ont vécu également. Les sièges du PS, du parti Les Républicains ou encore du Modem ont également été perquisitionnés par le passé.

"C'est une agression politique. Demandez si M. Macron va faire l'objet d'une perquisition alors qu'il y a aussi une enquête préliminaire" 

Dans cette même vidéo, et à d'autres reprises pendant la journée, Jean-Luc Mélenchon rappelle qu'une enquête préliminaire vise les comptes de campagne d'Emmanuel Macron. Elle est en effet ouverte à Lyon où le maire, Gérard Collomb, avait reçu le ministre de l'Économie d'alors, Emmanuel Macron. La facture de la réception s’élevait à 20 000 euros, honorée par la mairie. Dans le cas des comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, il s'agit de 450 000 euros de dépenses jugées litigieuses.

"Ce n'est plus de la justice, ce n'est plus de la police"

Le leader de la France insoumise, député de Marseille, a saisi l'opportunité de la séance des questions au gouvernement pour dénoncer ces perquisitions. 

Le Premier ministre Édouard Philippe a pris la parole pour lui répondre : "aucune instruction individuelle n'a été donnée au procureur, assure-t-il. Les décisions du procureur, en l’occurrence celle-ci, a été donné au contrôle d'un juge de la liberté et de la détention, qui est un magistrat du siège et qui est parfaitement indépendant."

Les deux enquêtes qui visent les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon se poursuivent. Plusieurs anciens collaborateurs du mouvement devraient d'ailleurs être entendus prochainement.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.