Le Menhir accuse notamment Florian Philippot de vouloir le "museler" avant le vote des 42.000 adhérents du FN
Le Menhir accuse notamment Florian Philippot de vouloir le "museler" avant le vote des 42.000 adhérents du FN © MaxPPP

Le "Menhir" conteste ce vendredi en justice sa suspension du Front national par les instances dirigeantes du parti qu'il a cofondé, nouvelle étape dans la crise qui l'oppose à sa fille Marine Le Pen.

Une nouvelle page pourrait se tourner ce vendredi au chapitre des élans belliqueux de Jean-Marie Le Pen à l’égard du Front national, parti qu’il a fondé et présidé pendant près de 40 ans. Jean-Marie Le Pen, bientôt 87 ans, a annoncé sa présence au tribunal de grande instance de Nanterre ce vendredi matin pour cette audience visant à trancher dans l'urgence un litige sur le fond.

Pétain, les chambres à gaz et le "monde blanc"

Le chef historique du FN conteste sa suspension en tant qu'adhérent, prononcée le 4 mai lors d'un bureau exécutif, la plus haute instance du parti d'extrême droite, ainsi que la "privation de ses droits" en tant que président d'honneur qui en a découlé. Marine Le Pen avait fait adopter cette décision après une nouvelle salve de provocations début avril de celui qui a cofondé le FN en 1972, guère nouvelles sur le fond : répétition de sa vision plusieurs fois condamnée par la justice des chambres à gaz, "détail" de l'Histoire, défense du maréchal Pétain, du "monde blanc" et critique en règle de la démocratie.

La présidente du FN avait aussi annoncé un congrès extraordinaire, qui se déroulera en juillet par courrier, ce qui agace son père. Selon Florian Philippot, l'un des vice-présidents du parti, l'objectif du congrès est de "moderniser les instances", "rationaliser les statuts" mais surtout en "supprimer la présidence d'honneur", une fonction unique dont le "Menhir" jouissait depuis 2011, ce qui le rendait membre de droit de toutes les instances internes.

Récupérer sa visibilité

Jean-Marie Le Pen demande à la justice d'annuler sa suspension, qu'il juge contraire aux statuts, et de reconnaître que, "en tout état de cause", elle ne peut le priver de sa présidence d'honneur. S'il devait rester privé du "libre exercice" de ces prérogatives, il demande à la justice d'infliger au FN une astreinte de 10.000 euros par infraction constatée. Il accuse notamment le FN, son numéro 2 Florian Philippot en tête, de vouloir le "museler" avant le vote de ses 42.000 adhérents. Il demande à la justice de "lui rendre sa visibilité", résume son avocat Frédéric Joachim. L'octogénaire n'a "plus de carte de crédit du FN, on lui refuse l'entrée au mouvement, on a réattribué son bureau, on lui refuse de participer à toutes les instances", c'est une "voie de fait", assure-t-il.

C'est action en justice est une opération de sabotage médiatique. Il faut être naïf pour croire que cette bataille est juridique...

Jean-Marie Le Pen "s'inclinera devant l'expression populaire du vote des adhérents", assure son conseil dans l'assignation, prévenant toutefois qu'elle devra "intervenir dans des conditions véritablement démocratiques". Marine Le Pen, qui dit ne plus avoir de relation avec son père, voit dans cette action en justice une "opération de sabotage médiatique" : "Il faut être naïf", assure-t-elle, "pour croire que cette bataille est juridique".

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