L'ancien trader avait jusqu'à dimanche soir pour se rendre à la police en vue de son incarcération. Après avoir annoncé vouloir rester en Italie, il a finalement passé la frontière peu avant minuit, avant d'être arrêté et incarcéré à la maison d'arrêt de Nice.

kerviel reste en italie en attendant une réponse de hollande
kerviel reste en italie en attendant une réponse de hollande © reuters

L'ex-trader de la Société générale avait laissé planer un doute dimanche quant à ses intentions, disant dans un premier temps qu'il resterait en Italie, alors que la justice lui avait donné jusqu'a dimanche minuit pour se présenter au commissariat de Menton (Alpes-Maritimes).

Jérôme Kerviel est sorti de son hôtel, sac au dos, toujours avec sa tenue de randonneur rouge, rasé, avec à ses côtés son compagnon de route, le Père Patrice Gourrier et a finalement repris sa marche vers la France en milieu de soirée depuis Vintimille, en Italie, assurant n'avoir jamais "fui" ses responsabilités.

Il a finalement passé la frontière au dernier moment, pour y être arrêté avant d'être incarcéré à la maison d'arrêt de Nice jusqu'à nouvel ordre", selon le procureur de la République de la ville.

L'ex-trader avait entamé une marche entre Rome et Paris contre la "tyrannie des marchés". Il devra désormais purger sa peine de trois ans de prison ferme pour une perte record en 2008 à la Société Générale. Jérôme Kerviel a été condamné à deux reprises, en première instance puis en appel, condamnation finalement confirmée dans son volet pénal par la Cour de Cassation (qui a en revanche cassé la décision au civil, sur la question des dommages et intérêts exorbitants obtenus en appel par son ancien employeur).

Dans un communiqué diffusé dimanche, le parquet général de Paris avait précisé que Kerviel serait considéré "en fuite" à l'expiration de ce délai de convocation, et qu'un mandat d'arrêt européen serait délivré à son encontre. Ce ne sera donc pas nécessaire.

Il l'affirme bien haut : Jérôme Kerviel n'était "pas en fuite".

Jérôme Kerviel aura du mal à éviter la prison. Les ficelles du dossier avec Corinne Audouin

Avant 19h, Kerviel refusait de traverser la frontière

Jérôme Kerviel a joué la montre. Le reportage à Vintimille de Sandrine Etoa Andegue

Jérôme Kerviel s'est exprimé dimanche matin de Vintimille en Italie. Il a alors décidé de ne pas se rendre comme la justice française lui a demandé.

Son avocat, Me David Koubbi, a indiqué qu'il allait de son côté rentrer à Paris et se "tenir à la disposition de la présidence de la République, et éventuellement du parquet de Paris". Il a répété déplorer "l'empressement" de la justice à faire exécuter la peine de son client, rappelant qu'elle disposait d'un délai de cinq ans pour cela.

Hollande botte en touche, la Société générale dénonce un "tapage médiatique"

françois hollande consulte sur la réforme territoriale
françois hollande consulte sur la réforme territoriale © reuters

Interrogé samedi sur sa demande concernant la protection judiciaire d'éventuels témoins, François Hollande a refusé d'y répondre, indiquant ne pas avoir les éléments nécessaires et jugeant le moment peu "propice".

La Cour de cassation a confirmé fin mars la condamnation pénale de l'ex-trader mais a cassé les dispositions civiles de l'arrêt l'obligeant à payer 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts pour une perte record en 2008 à la Société Générale. La justice devra dès lors se prononcer lors d'un nouveau procès au civil sur le préjudice financier de la banque et le montant des dommages qui lui sont imputables.

Jérôme Kerviel a toujours dit que la Société Générale savait qu'il prenait des positions vertigineuses non couvertes. Selon lui, une étude comptable et financière permettrait de démontrer que la banque a gonflé ses pertes lorsqu'elle a débouclé ses positions de 50 milliards d'euros. Il a porté plainte contre son ancien employeur pour faux et usage de faux, escroquerie au jugement et subornation de témoins, des plaintes jugées "abusives" par la banque, qui estime qu'elles relèvent de la "dénonciation calomnieuse".

La Société Générale, condamnée en 2008 par la commission bancaire à une amende de 4 millions d'euros pour défaut de contrôle, a reconnu des "défaillances" - depuis réparées - dans son système au moment des faits, mais a toujours nié avoir fait preuve de négligence fautive. Elle a dénoncé samedi la "violence du tapage médiatique orchestré" par son ancien trader, mêlant selon elle "mensonges, amalgames et approximations".

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Kerviel reste en Italie
Kerviel reste en Italie © Radio France
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