Le militant altermondialiste est jugé ce lundi pour vol en réunion, après une action de "réquisition" de 14 chaises dans une agence parisienne de la BNP en octobre 2015.

Le Parquet a requis une dispense de peine à l'encontre de Jon Palais
Le Parquet a requis une dispense de peine à l'encontre de Jon Palais © Radio France / Delphine Evenou

Jon Palais, 37 ans, militant du mouvement basque Bizi, et membre du collectif "Les Faucheurs de chaises", comparaissait ce lundi devant le tribunal de Dax (Landes) pour vol en réunion. Le Parquet a requis une dispense de peine et la décision a été mise en délibéré jusqu'au 23 janvier. Palais devait répondre du vol de quatorze chaises, le 19 octobre 2015, dans une agence de la BNP Paribas à Paris, lors d'une action menée par une quarantaine de militants, et des personnalités comme le philosophe Edgar Morin, l'économiste Claude Alphandéry et l'eurodéputé EELV José Bové. La banque avait porté plainte. Jon Palais risque jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Depuis début novembre 2016, les associations et ONG (Les Amis de la Terre, ANV-COP21, Attac, Bizi) qui soutiennent Jon Palais multiplient les actions symboliques (plus d'une soixantaine) du même type que celles qui avaient été menées en 2015 en marge de la conférence de Paris sur le climat : des opérations de "réquisitions de chaises" dans des agences bancaires (BNP mais aussi HSBC et Société Générale) partout en France, la dernière datant de ce vendredi à Paris, quartier de l'Opéra.

Ce lundi matin, c'est à Dax, là où se déroulait l'audience, que des centaines de personnes et des candidats à l'élection présidentielle ou leurs représentants, (Yannick Jadot, Pierre Larrouturou Philippe Poutou et un représentant de Benoît Hamon), ont participé à une table ronde dénonçant la fraude et l'évasion fiscale. Les militants voulaient profiter du procès de Jon Palais pour obtenir une tribune politique et dénoncer une nouvelle fois "l'évasion fiscale en bande organisée" qui ampute les ressources pour financer la transition écologique et sociale.

En avril, les "Faucheurs de chaises" avaient perturbé, à Pau (Pyrénées-Atlantiques) un congrès organisé par l'industrie pétrolière et gazière, pour dénoncer une atteinte aux engagements pour le climat pris lors de la COP21 de Paris.

Un procès aux accents politiques

Jon Palais a choisi une figure de la lutte contre la fraude fiscale pour le défendre : Eva Joly, ex-juge anti-corruption devenue avocate, et sa fille. Caroline Joly a évoqué une "procédure d'intimidation par la BNP pour décourager ces actions" visant à dénoncer l'évasion fiscale. Eva Joly, elle, a souligné le "déséquilibre entre un militant pacifiste et la quatrième banque mondiale parmi les plus actives dans la création de comptes offshore".

Jon Palais a redit à la barre que son acte était "une manière de dénoncer le vol constitué par un système organisé d'évasion fiscale". Ses avocates ont demandé la relaxe pure et simple pour leur client.

Dans ses réquisitions, le Procureur de la République a estimé qu'"une dispense de peine" était "de nature à satisfaire la société" car il s'agit d'un "mouvement pacifiste et bon enfant". Le magistrat a par ailleurs regretté l'absence de la BNP, partie civile dans ce procès, qui réclame un euro symbolique de réparations.

A sa sortie du tribunal, Jon Palais a lancé devant les journalistes: "On a le sentiment que notre démarche d'action civique a été entendue par le Procureur", y voyant "un signal fort".

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