« Monsieur Delay, cela ne fait aucun doute : vous êtes une victime ». L’avocat général, Stéphane Cantero s’adresse pour la première fois au troisième des enfants Delay.

Et effectivement, il ne peut y avoir le moindre doute sur celui qui s’apprête à fêter dans trois jours son 21e anniversaire. Viols répétés par ses parents, sévices corporels. Jonathan Delay est aujourd’hui sourd de l’oreille gauche après avoir été frappé par son père.

La suite est à peine plus réconfortante. Une fois ses parents condamnés à Saint-Omer, Jonathan Delay – tout comme ses trois frères également encore mineurs – est placé en foyer. « Des foyers très sévères, en Belgique, où il y avait des jeunes qui sortaient de prison et où ils s’octroient le droit de frapper pour je ne sais quelle raison ».

Puis vient la majorité. Et là, la rue remplace les coups. Sans domicile fixe pendant six mois.

Finalement aidé et hébergé, Jonathan Delay n’a plus qu’à – et c’est déjà beaucoup – tenter de se reconstruire. « Pour moi l’affaire était jugée, classée etc. » résume le jeune homme avec intelligence à la barre.

Jusqu’à ce courrier. « J’ai reçu une lettre pour dire qu’il y allait avoir un nouveau procès. J’ai du le lire deux fois » raconte Jonathan. Sa première réaction, comme celle de ses frères, et de ne pas venir à ce troisième procès.

Jonathan, désormais soutenu par l’association Innocence et partage, a changé d’avis depuis. Mais quand on voit la pression à laquelle il est soumis aujourd’hui, la difficulté du jeune homme à replonger dans ces atroces souvenirs, le poids d’une accusation qui ne repose que sur « des images dans la tête », on se dit que ce procès n’est qu’un nouveau gâchis dans la vie de Jonathan Delay.

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