Agression au commissariat de Joué les Tours
Agression au commissariat de Joué les Tours © MaxPPP/La Nouvelle République/Patrice Deschamps

Selon Jean-Luc Beck, les policiers qui ont tué Bertrand Nzohabonayo ont agi en état de légitime défense. Pour mettre fin aux rumeurs, le procureur de la République demande à tous ceux qui ont pu voir quelques chose de venir témoigner

Chargé de l'enquête sur les circonstances de la mort de Bertrand Nzohabonayo, le parquet de Tours avait décidé, en raison "des rumeurs qui circulent dans tous les sens", qui "inquiètent la famille" et qui "mettent en cause le fait qu'il ait été tué dans des circonstances de légitime défense" des policiers, d'organiser mercredi une conférence de presse, mercredi matin, au tribunal.

Par la voix de son avocat Me Jérémie Assous, la famille de Bertrand Nzohabonayo avait souhaité lundi soir que les autorités produisent des "éléments objectifs", pour étayer l'accusation d'un acte de nature terroriste.

Des sources proches de l'enquête avaient rapporté que Bertrand Nzohabonayo, 20 ans, converti à l'islam, avait crié "Allah akbar" (Dieu est le plus grand) en portant les coups de couteau qui ont blessé grièvement deux policiers du commissariat de Joué-lès-Tours.

Depuis plusieurs jours, la version officielle, soutenue par la ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, était contredite par des témoins assurant que l'agresseur avait été conduit au commissariat par des policiers à la suite d'une agression dont avait été victime, la veille, un de leurs collègues. Le Procureur a démenti que les policiers ayant eu affaire à Bertrand Nzohabonayo appartiennent à la même brigade qu'un policier agressé la veille au soir.

Jean-Luc Beck dénonce les témoignages anonyme :

Je trouve déplorable qu'un certain nombre de témoignages, plus ou moins anonymes, ne soient pas portés à la connaissance des autorités mais soient colportés à gauche, à droiter.

Le procureur a réaffirmé que les policiers qui ont tué Bertrand Nzohabonayo ont agi en état de légitime défense alors qu'il les agressait à l'aide d'un couteau.

Pour Me Jérémie Assous, les précisions apportées ne levent pas les doutes sur ce qui s'est vraiment passé :

Comment expliquer que depuis dix jours des personnes témoins des faits, qui ont des explications extrêmement importantes, n'aient toujours pas été entendues ?

L'avocat de la famille Nzohabonayo appelle, comme le procureur, les personnes ayant des éléments à apporter sur le déroulement des faits à se manifester auprès des services de police judiciaire.

Le reportage de Xavier Louvel

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