Le procès Merah s'ouvre ce lundi pour cinq semaines devant la cour d'assises spéciale de Paris, qui doit juger, cinq ans après, les crimes commis en 2012 par Mohamed Merah.

Mohamed Merah avait finalement été abattu dans son appartement après un siège de plusieurs heures
Mohamed Merah avait finalement été abattu dans son appartement après un siège de plusieurs heures © Maxppp / Harry Jordan

Ce qu’on appelle le procès Merah se déroule en réalité sans Mohamed Merah. L’auteur des attentats de Toulouse et Montauban en mars 2012, où trois militaires, un père de famille et trois élèves d’une école juive ont été assassinés, est mort dans l’assaut du Raid, quelques jours après ses crimes.

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Ce qu’on appelle le procès Merah se déroule en réalité sans Mohamed Merah...

Par Charlotte Piret

Dans le box, deux hommes vont cependant faire face à la cour d’assises spéciale de Paris. Le plus jeune des deux, Fettah Malki, est un ami d’enfance de Mohamed Merah. Il a reconnu lui avoir fourni le pistolet mitrailleur qui a servi lors de la tuerie de l'école juive Ozar Hatorah.

Mais celui vers lequel tous les regards se tournent et le principal accusé de ce procès, c'est Abdelkader Merah, frère aîné du “tueur au scooter”, accusé d'avoir radicalisé son cadet de six ans. Car si les deux frères entretiennent depuis toujours une relation houleuse, il est un point qui finit par les unir : l'islam radical dans lequel Abdelkader, puis Mohamed Merah vont basculer.

Des rencontres avant et après les attentats

C'est en prison que "Mohamed Merah le délinquant" va devenir "Mohamed Merah le djihadiste". Durant l'année 2008, Abdelkader lui rend visite, lui apporte des CD, des livres sur la religion. Il reçoit aussi de l’argent de membres d’une cellule djihadiste.

Mais la complicité d’Abdelkader dans les crimes de Mohamed Merah ne s’arrête pas là, selon les juges d’instruction. Car l’aîné est là quand Mohamed Merah vole le scooter qui lui servira à mener ses attaques. Il lui paie même un blouson dans une boutique spécialisée. Les deux frères se voient encore avant et après les différents attentats. Ce qui fait dire à Abdelghani, aîné de la fratrie Merah (avec laquelle il a pris ses distances) :

C'est Mohamed qui a pris le pistolet, mais c’est Abdelkader qui a tout pensé.

Abdelkader Merah encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Son coaccusé risque, lui, jusqu’à 20 ans de prison.

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