Jusqu’à quelle date Liliane Bettencourt était-elle encore maîtresse d’elle-même ? C’est tout l’enjeu de ce procès. Car si la perte des facultés intellectuelles de la milliardaire ne fait aujourd’hui plus aucun doute pour quiconque, la question est de savoir si Liliane Bettencourt était encore apte à décider, en toute conscience, en 2006, 2007 et jusqu’à 2009, période couverte par l’instruction et pour laquelle les dix prévenus comparaissent en ce moment.

Vendredi, juste avant de suspendre l’audience, le tribunal a entendu Jean-Victor, aîné des petit-fils de Liliane Bettencourt et partie civile au procès. Pour lui, les choses sont très claires : sa grand-mère commence à « dérailler », à partir de 2006. Cet été là, André et Liliane Bettencourt sont en vacances dans leur résidence de Formentera, dans les Baléares. André est victime d’une chute, de nuit. En tentant de l’aider, Liliane tombe à son tour. Le couple ne sera découvert par le personnel de maison qu’au petit matin.

« Depuis leur retour d’Espagne en 2006, elle n’était plus la même. », raconte aujourd’hui le jeune homme de 28 ans, qui multiplie les récits de scène édifiante où sa grand-mère apparaît totalement désorientée. A partir de cette date, poursuit-il, le couple aura besoin d’infirmiers jour et nuit pour s’occuper d’eux.

Mais la défense entend bien présenter une autre version. Et pourrait s’appuyer pour cela sur deux interviews télévisées données par Liliane Bettencourt en juillet 2010 et octobre 2011. A ces époques, auraient assuré les journalistes Claire Chazal et Marc-Olivier Fogiel qui l’ont interrogée, l’héritière de L’Oréal avait encore toute la maîtrise d’elle-même. Le tribunal aura tout le loisir d’en convenir ou non puisque les interviews en question doivent être projetées à l’audience.

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