La cour d'appel de Paris a autorisé trois magistrats à enquêter pour déterminer si Nicolas Sarkozy s'est rendu complice d'une violation du secret de l'instruction en marge du volet financier de l'affaire Karachi.

Et pourtant, en septembre 2011, dans un communiqué, l'Elysée avait affirmé que :

s'agissant de l'affaire dite de Karachi, le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier.

Affaire Karachi
Affaire Karachi © Radio France
Cette déclaration laissait penser que l'Elysée avait eu accès aux pièces de l'instruction. Le parquet de Paris s'était opposé à ce que les juges d'instruction enquêtent, invoquant le principe constitutionnel de l'"irresponsabilité" du chef de l'Etat. Elle avait été diffusée peu après les mises en examen successives de deux proches du chef de l'Etat, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, dans le volet financier de l'affaire Karachi. Les juges soupçonnent le versement de rétrocommissions, lors de la vente par la France de sous-marins au Pakistan, qui auraient servi au financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Les juges avaient décidé d'enquêter contre l'avis du parquet qui estimait qu'il n'était pas possible de poursuivre Nicolas Sarkozy, en vertu de l'article 67 de la Constitution stipulant que le président de la République "n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité". Selon eux, le fait de permettre la divulgation d'informations issues d'une instruction n'entrait pas dans les fonctions du président de la République. Des familles de victimes de l'attentat de Karachi avaient porté plainte le 18 juin 2012 contre l'ancien chef de l'Etat. "C'est une grande victoire pour les familles et cela va conduire M. Sarkozy à s'expliquer sur les faits qui lui sont reprochés", a déclaré leur avocat, Me Olivier Morice, à Reuters. Le parquet avait toutefois fait appel de la décision des juges. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a finalement donné raison aux familles, a souligné Me Morice.
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