C’est un revers pour Jérôme Kerviel. Les contrefeux judiciaires allumés en 2012 par la défense de l'ancien trader s'acheminent vers un non-lieu.

Non-lieu requis dans une enquête visant la Société générale
Non-lieu requis dans une enquête visant la Société générale © Radio France / Matthieu Boucheron

En 2012, peu avant d'être condamné en appel, l'ancien trader avait déposé plusieurs plaintes contre la Société Générale, qu'il accuse d'avoir trompé la justice. La banque devrait être blanchie : le parquet de Paris a demandé un non-lieu, le 27 décembre, dans l’instruction ouverte pour escroquerie au jugement, faux et usage de faux (Info France Inter).

Pour le parquet, la banque « n'avait pas connaissance des prises de position » de Jérôme Kerviel, qui « dépassaient de près de 20 milliards d'euros ses fonds propres », et d'autant moins qu'il les dissimulait « systématiquement par de fausses opérations ». Rien de neuf sur le fond, et la défense de l’ancien trader assure qu’elle n’en n’attendait plus grand-chose, son avocat David Koubbi dénonce « la partialité du parquet ».

Pourtant il y a eu de nouvelles investigations. Jérôme Kerviel contestait les enregistrements de ses conversations (ses premiers interrogatoires en fait) avec ses supérieurs, les 19 et 20 janvier 2008, lors de la découverte de la fraude. Pour sa défense, qui avait pu récupérer les scellés en 2012, il y avait beaucoup de « blancs », de passages inaudibles. Peut-être, mais une expertise judiciaire a tranché: les enregistrements n'ont pas été falsifiés, il n'y a pas eu de coupe.

L’ancien trader réclamait une expertise indépendante des pertes. Là, la justice a refusé, sachant qu'un commissaire aux comptes et le fisc s'étaient déjà penchés sur les calculs.

Enfin la brigade financière a réfuté le témoignage de la commandante Nathalie Le Roy. La policière avait confié en 2015 son sentiment d'avoir été « instrumentalisée » par la banque. Son ancien service relève « plusieurs inexactitudes » dans son témoignage, qui est en totale « contradiction » avec ce qu'elle écrivait quand elle avait elle-même repris le dossier, en 2012, avant de changer de poste... En 2008, Nathalie Le Roy décrivait dans son rapport de synthèse les moyens déployés par Jérôme Kerviel pour dissimuler les risques pris, des faux mails à l’invention d’un gros client imaginaire « Mat ».

Le parquet de Paris avait déjà demandé un non-lieu dans l’enquête pour subornation de témoin (Jérôme Kerviel estimait que son chef de service avait été acheté avec son indemnité de licenciement). Comme il n’y a pas eu de mise en examen, le juge Roger Le Loire devrait logiquement blanchir la banque dans ces deux dossiers. Mais ce ne sera pas la fin du combat judiciaire de Jérôme Kerviel. Il devrait se concentrer ensuite sur la procédure de demande de révision pour tenter d'obtenir un nouveau procès.

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