Cinq proches ont été interpellés ce mercredi dans le cadre de l'affaire Grégory. Riche en rebondissements, cette affaire est l'un des plus grands mystères du XXème siècle.

Grégory Villemin, retrouvé noyé à l'age de 4 ans, en 1984
Grégory Villemin, retrouvé noyé à l'age de 4 ans, en 1984 © AFP

Selon une source proche du dossier, les personnes en garde à vue sont l'oncle de Jean-Marie Villemin (le père du petit Grégory) et sa femme ainsi qu'une belle-soeur de Jean-Marie Villemin, Ginette Villemin. Les deux autres personnes entendues (mais non mises en examen) sont la grand-mère et le grand-père paternels de Grégory, Monique et Albert Villemin.

► ÉCOUTER | "Les hommes du service central du renseignement criminel ont passé au peigne fin les 12 000 pièces de ce dossier tentaculaire", les explications de ce dernier rebondissement de l'affaire Gregory, par Corinne Audouin :

L'affaire Grégory reste l'une des grandes affaires criminelles non résolues du XXe siècle.

Affaire Grégory Villemin : 33 ans de mystère et de rebondissements
Affaire Grégory Villemin : 33 ans de mystère et de rebondissements © AFP / pld / mm, ls / sr

La découverte du corps

Le corps de Grégory, 4 ans, est découvert dans la Vologne (Vosges), pieds et poings liés par des ficelles, au soir du 16 octobre 1984.

Le corbeau

Le lendemain du meurtre, les parents de Grégory Villemin reçoivent une lettre anonyme.

J'espère que tu mourras de chagrin, le chef, ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con.

Ce corbeau harcelait la famille Villemin, par lettres et coups de téléphone, depuis trois ans.

Les parents de Grégory Villemin avec la photo de leur fils, mort noyé à l'âge de 4 ans
Les parents de Grégory Villemin avec la photo de leur fils, mort noyé à l'âge de 4 ans © AFP / ERIC FEFERBERG

L'arrestation de Bernard Laroche

Les analyses graphologiques, et le témoignage de Murielle Bolle, membre de la famille, orientent les enquêteurs vers Bernard Laroche, cousin germain de Jean-Marie Villemin. Laroche est inculpé.

Mais les preuves manquent, Murielle Bolle se rétracte et Laroche est relaché, le 4 février 1985, toujours inculpé.

Le meurtre de Bernard Laroche

Jean-Marie Villemin, le père de la petite victime, reste persuadé que Laroche est coupable. Villemin finit par tuer son cousin d'une cartouche de chevrotine quelques jours plus tard, le 29 mars 1985.

L'inculpation de Christine Villemin

Christine Villemin, enceinte de son deuxième enfant, est hospitalisée. Sur son lit d'hôpital, elle apprend qu'elle est à son tour inculpée pour l'assassinat de son fils de 4 ans.

Le juge Lambert est dessaisi de l’affaire en septembre 1986 et remplacé par le juge Simon, qui reprend toute l’enquête à zéro. En février 1993, l’instruction aboutit à un non-lieu pour Christine Villemin pour "absence totale de preuves". Son casier judiciaire redevient vierge. L’affaire Grégory est close.

Le petit juge

Le "petit juge" Lambert a largement été critiqué pour son instruction de octobre 1984 à 1986. Il n'a pas blanchi Laroche, après l'avoir relâché. il a inculpé Christine Villemin, finalement blanchie en 1993. Il lui a également été reproché d'avoir bâclé l'enquête et commis plusieurs erreurs de procédure menant à l'annulation de certaines pièces du dossier. S'il admet certaines critiques, il tient à rappeler que, fin 1984, il était le seul juge d'instruction sur Épinal et qu'il n'avait jamais eu autant de dossiers à traiter.

A l'heure de son départ à la retraite, le juge Lambert répond aux questions de France Bleu Maine en 2014.

L'affaire dans l'affaire

Commence alors un autre volet de l'affaire : le procés de Jean-Marie Villemin pour le meurtre de Bernard Laroche . Il débute en novembre 1993. Le père de Grégory est condamné à cinq ans de prison dont quatre fermes. Il sort de prison au bout de deux semaines, l’essentiel de sa peine ayant été purgé en détention provisoire.

Au début des années 2000, l’Etat est condamné plusieurs fois. Pour son "inaptitude à remplir sa mission" (protéger Bernard Laroche après sa sortie de prison, alors que Jean-marie Villemin l'avait plusieurs fois menacé), il doit en 2002 verser des dommages et intérêts à Marie-Ange Laroche et Murielle Bolle. Puis, en 2004, il doit dédommager les époux Villemin pour "faute lourde".

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