Est-ce la fatigue ? Est-ce l’accumulation des heures d’audition de François-Marie Banier ? Toujours est-il que l’humeur égale du président Denis Roucou face aux déclarations du prévenu principal s’est fissurée cet après-midi.

Et quand il est question d’un contrat d’assurance-vie d’Arcalys, cédé à François-Marie Banier, l’audience prend même des allures d’interrogatoire de police. Il faut dire que les faits sont glaçants. Montant : 262 millions d’euros. Date : 14 septembre 2006, soit quelques jours après l’hospitalisation de Liliane Bettencourt à la suite de son accident de Formentera, en Espagne. Cette fameuse période pendant laquelle tout le monde s’accorde à dire que la milliardaire était au minimum « confuse », au pire « plus la même depuis ».

Les questions du président fusent : « Pourquoi fallait-il aller si vite ? Elle risquait de mourir madame Bettencourt ? » « Pourquoi Madame Bettencourt n’a-t-elle pas fait appel à son notaire pour ce contrat ? » Et Denis Roucou de poursuivre : selon lui, la signature de Liliane Bettencourt sur ce contrat apparaît « tremblotante » : « c’est étrange. Ce n’est tout de même pas une paire de chaussette qu’elle vous donne ! »

François-Marie Banier est debout, à la barre, depuis des heures. Il défend ses positions pied à pied, ponctue chaque phrase d’un « monsieur le président », s’excuse de chacune de ses imprécisions. A tel point que ça en devient agaçant.

« Vous voulez dire qu’elle perdait la tête ? » demande, cinglant, le président à propos de la multiplication des documents envoyés par Liliane Bettencourt, ce que François-Marie Banier qualifie « d’habituel ».

Alors le photographe hausse le ton, crie même : « oui, j’ai eu tort d’accepter beaucoup. Oui, j’ai eu tort mais fallait-il nier qui était Madame Bettencourt ? »

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