L'AFA a des pouvoirs relativement modestes sur le papier. Mais vu la personnalité de son directeur, on se doute qu'il n'est pas venu faire de la figuration...

Inauguration de l'Agence anti-corruption en mars 2017 en présence de Charles Duchaine (à gauche)
Inauguration de l'Agence anti-corruption en mars 2017 en présence de Charles Duchaine (à gauche) © Maxppp / François Mori

L'Agence française anticorruption a été créée par la loi Sapin 2 il y a un an, s'est installée avant l'été dans le 13è arrondissement de Paris mais n'est pas encore très connue. Les grandes entreprises doivent désormais mettre en place une prévention de la corruption en interne, et une poignée font déjà l'objet de contrôles. 

Cette nouvelle agence est là pour contrôler que les grandes entreprises prennent bien des mesures de prévention de la corruption en interne, sinon elle peut infliger jusqu'à un million d'euros d'amende, ou signaler les faits à la justice. Elle peut aussi intervenir après une condamnation, pour vérifier que l'entreprise a changé ses procédures.

Un patron expérimenté

L'Agence française anticorruption veut jouer à la fois sur une relation de confiance avec les entreprises, et sur la peur de la justice. Car aujourd'hui, "c'est la crainte que les Américains inspirent qui oblige les entreprises à agir", confie un magistrat financier : "nous les Français, on n'existe pas".

La justice américaine a infligé de fortes amendes à Alstom ou Total, tandis qu'en France, les condamnations sont rares. Charles Duchaine, magistrat et patron de l'AFA en sait quelque chose : le dossier Guérini, qu'il a instruit à Marseille, n'est toujours pas jugé.

Lui qui a passé 25 ans à chasser la délinquance financière comme juge d'instruction, et qui fut l'un des premiers à frapper les délinquants au portefeuille, se lance dans une autre approche. Avec la volonté de faire émerger des affaires, ou de pousser des entreprises à aller se confesser à la justice, comme l'a fait Airbus.

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