Allemagne sera le premier pays en Europe à reconnaître officiellement l'existence d'un troisième sexe. La Cour constitutionnelle demande aux députés de voter une loi en ce sens.

Deux actrices transgenres qui ont participé à la série Transparent diffusée par la chaîne HBO.
Deux actrices transgenres qui ont participé à la série Transparent diffusée par la chaîne HBO. © AFP / Emma McIntyre

L'Allemagne s’apprête à vivre une petite révolution. Dans un jugement de la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, saisie d'un cas particulier, a donné mercredi à la Chambre des députés jusqu'au "31 décembre 2018" pour voter la légalisation d'un "troisième sexe". 

"Inter", "divers" ou tout autre "désignation positive du sexe"

Un troisième choix devra figurer sur les registres de naissance, à côté des mentions "masculin" et "féminin". Cette haute juridiction, basée à Karlsruhe, propose d’intégrer aux documents une mention comme "inter", "divers" ou tout autre "désignation positive du sexe". Tous les documents officiels d'identité seront concernés.

D’ici là, l'administration allemande n’aura plus le droit de demander aux citoyens allemands les personnes intersexuelles de s'identifier comme masculin ou féminin, c'est-à-dire présentant des caractéristiques anatomiques, chromosomiques ou hormonales ne relevant pas strictement d'un sexe ou l'autre, selon la Cour. 

Pour les juges, la loi existante est "discriminatoire"

Depuis mai 2013, dans les documents administratifs, il est possible en Allemagne de ne pas renseigner le champ relatif au sexe en le laissant vide. On peut ensuite au cours de sa vie soit faire le choix d'un sexe masculin ou féminin, soit garder la mention du sexe non renseignée. "Nous sommes stupéfaits et sans voix", a réagi sur Twitter l'association Dritte Option, qui parle d'une "petite révolution". 

Le ministère de l'Intérieur, s’est dit "tout à fait disposé" à appliquer le jugement de la Cour et à préparer une loi en ce sens. L'Allemagne si cette loi est votée sera le premier pays en Europe à reconnaître officiellement un troisième genre.  Alors que la France en mai dernier, a rejeté la mention "sexe neutre", écartant la demande d'une personne née sans pénis ni vagin.     

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