Au procès Merah, la cour se penche désormais sur la possible complicité d’Abdelkader Merah dans les crimes de son frère Mohamed Merah.

Devant la cour d'assises spéciale de Paris, le procès d'Abdelkader Merah se poursuit jusqu'au 3 novembre 2017
Devant la cour d'assises spéciale de Paris, le procès d'Abdelkader Merah se poursuit jusqu'au 3 novembre 2017 © AFP / Eric FEFERBERG

En cas de complicité retenue, Abdelkader Merah encourt la réclusion criminelle à perpétuité.Mais il faut pour cela convaincre la cour d’assises spécialement constituée, des éléments à charge. Parmi eux : une discussion présumée entre les deux frères en marge d’un match de foot, quelques heures avant le premier assassinat. Problème: le témoin qui vient de faire son entrée dans la salle d'assises n'en est plus si sûr.

Face aux robes noires ou rouges, aux hermines, ce nouveau témoin entre en jean et blouson noir et dessins sur le crâne. Il répond par phrases minimalistes.Très vite, le face à face vire à l’absurde.

"Vous alliez au match pour faire quoi?", l'interroge le président.

- "Bah pour jouer", répond le témoin qui affiche un bras en écharpe.

- Et vous faisiez quoi ?

- J’étais remplaçant.

- D'accord, mais où?

- Bah, sur le banc de touche …

Le décalage avec les faits jugés est immense. Et pourtant, Mohamed C., 29 ans, est un témoin clé de l’accusation. Il est le seul à avoir déclaré aux enquêteurs que les frères Merah se seraient longuement parlé ce 11 mars 2012, quelques heures à peine avant l’assassinat du premier militaire.

De là à dire qu’il l’ont préparé ensemble et voilà l’aîné complice. Mais c’était sans compter sur un témoin amnésique, buté, sous pression voire les trois à la fois. “J’ai jamais dit que c’était Mohamed Merah … je ne le connaissais pas”, assure-t-il en boucle. "Mais vous avez déclaré aux enquêteurs avoir appris après que c’était lui ce jour-là", insiste le président. "Mais non … comment je l’aurais su, moi ?"

Alors les avocats des parties civiles s'agacent. “Vous avez une amnésie sélective” souligne l’un d’eux. “Vous vous moquez du monde”, dénonce un autre. “Vous avez peur?”, interroge un troisième. A la barre, le jeune homme n’en démord pas. Un autre témoin de ce match foot est attendu aujourd’hui à l’audience. L’accusation lui souhaite une mémoire moins sélective.

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