À Besançon, un médecin de 45 ans est soupçonné d'avoir empoisonné au moins sept patients, dont deux sont morts. Des actes "volontaires" selon le parquet.

Les sept intoxications sont survenues entre 2008 et 2017 dans deux cliniques bisontines. À chaque fois, le praticien était présent.
Les sept intoxications sont survenues entre 2008 et 2017 dans deux cliniques bisontines. À chaque fois, le praticien était présent. © Maxppp / Frédéric Delhay

Le médecin-anesthésiste a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Les faits remonteraient jusqu'à 2008, mais les soupçons ne sont nés que cette année à la clinique Saint-Vincent. Les 11 et 20 janvier derniers, deux patients font un arrêt cardiaque en pleine opération. La clinique alerte l'Agence régionale de la santé, qui saisi la justice.

Au moins sept empoisonnements délibérés

Le lien est ensuite fait avec de précédents empoisonnements présumés pour lesquels des informations judiciaires sont ouvertes. Quatre à la clinique Saint-Vincent, où le médecin exerçait encore jusqu'à son passage devant le juge, et trois autre à la polyclinique de Franche-Comté, où il a brièvement travaillé en 2009. À chaque fois, les patients font des arrêts cardiaques. Deux n'ont pu être réanimés : un homme de 53 ans décédé en 2008 pendant une opération des reins, et une femme de 51 ans décédée en 2016 au cours d'une opération pour une fracture. "Il ne pouvait s'agir que d'actes volontaires" assure la vice-procureure Christine De Curraize à nos confrères de France Bleu Besançon. Il y aurait eu un surdosage d'anesthésiques, et au moins un cas de potassium introduit "sciemment" dans les poches de perfusion de réhydratation.

"On n'est pas à l'abri de voir le nombre de victimes s'élargir"

Un professionnel pourtant "archireconnu"

"Il pratique 2.000 anesthésies par an" affirme l'avocat du médecin, Me Randall Schwerdorffer. En 15 ans de métier, il n'aurait fait l'objet d'aucun reproche et serait un "passionné". Et surtout, selon la défense, tout le monde peut avoir accès aux pharmacies.

Il n'y a pas de système réellement sécurisé dans les pharmacies des cliniques de Besançon. Beaucoup de personnes y ont accès et pas exclusivement mon client qui est mis en cause pour des raisons statistiques. Mais la statistique, ça n'a jamais fait une preuve.

L'anesthésiste a pour interdiction d'exercer sa profession. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet, qui avait demandé son placement en détention, fera appel de son placement sous contrôle judiciaire.

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