Le parquet national antiterroriste (PNAT) entre en activité ce lundi 1er juillet. Avec ses 27 magistrats, il aura à charge le suivi des enquêtes, mais aussi les procès aux assises spéciales, particulièrement nombreux dans les mois à venir.

Annonce par Nicole Belloubet de la création d'un parquet national antiterroriste, le 18 décembre 2017 à l'ENM
Annonce par Nicole Belloubet de la création d'un parquet national antiterroriste, le 18 décembre 2017 à l'ENM © Maxppp / Christophe Morin

Il a été longtemps annoncé, avant d'être déprogrammé, repoussé... finalement le voilà : le parquet national antiterroriste. C'est désormais lui qui s'occupera de tous les dossiers terroristes en France, sur le même principe que le parquet national financier (créé à la suite de l'affaire Cahuzac, il y a cinq ans) qui pilote toutes les affaires politico-financières au plan national.

Une volonté de continuité

La volonté est clairement affichée : celle de la continuité avec le travail effectué par le parquet de Paris jusqu'à présent. D'ailleurs, le nouveau visage de l'antiterrorisme, le nouveau "Monsieur François Molins", Jean-François Ricard, a longtemps travaillé sur ces dossiers. Magistrat pendant douze ans au pôle antiterroriste, il avait notamment été chargé de l'enquête des attentats du RER C à la station Saint-Michel, qui avaient fait huit morts en juillet 1995. 

Sur les 26 membres de l'équipe, la grande majorité - 19 d'entre eux - vient de la section antiterroriste du parquet de Paris. Mêmes procureurs, mêmes dossiers. De quoi assurer cette continuité du travail, d'autant plus nécessaire au vu de la complexité et de la spécificité de la matière. 

Quant aux autres membres de l'équipe, ils étaient jusqu'à présent parquetiers au pôle crime contre l'humanité - qui devient également l'une des compétence du parquet national antiterroriste - mais aussi magistrat de liaison à Washington, en poste à Fort-de-France, Évry ou encore Bobigny pour la benjamine de l'équipe, pas tout à fait 30 ans mais déjà de fortes connaissances en matière de criminalité organisée.

Au menu : réquisitoires et audiences aux assises

En terme de travail, ce qui les attend dès aujourd'hui c'est d'abord la fin de l'enquête et la rédaction du réquisitoire dans la majorité des gros dossiers terroristes : les attaques du Bataclan, du Stade de France et des terrasses de Paris le 13 novembre 2015, bien sûr, mais aussi l'attentat raté du Thalys le 21 août 2015, l'assassinat des policiers de Magnanville le 13 juin 2016, l'attaque de l'église de Saint-Etienne du Rouvray le 26 juillet 2016, celle du 14 juillet 2016 à Nice, etc. 

Puis viendra le temps des procès, avec cette nouveauté que les procureurs antiterroristes requièreront eux-mêmes devant les cours d'assises spéciales - c'était jusqu'à présent une prérogative des avocats généraux de la cour d'appel de Paris.  Et ce dès le 23 septembre, avec le procès dit des "bonbonnes de Notre-Dame", ces cinq jeunes femmes jugées pour une tentative d'attentat à la voiture piégée à Paris. 

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